Passion dans l’espace, chapitre 12

Sur le coup, je trouvai abject qu’il me montre un enregistrement de l’une de ses maîtresses le chevauchant dans ce même lit. Voulait-il me rendre jalouse ? À vrai dire, mon cœur se serra, mais je pinçai les lèvres plutôt que l’avouer. Il fit la mise au point, zooma, je me reconnus.

Sur ce film, je l’embrassais à pleine bouche puis me redressais, le saisissant par les poignets et portant ses mains à ma poitrine. De me remémorer ce moment, mon sexe me brûla tout autant que mes joues.

— Pourquoi me montrez-vous cela ?

— Parce que j’ai envoyé une copie à ton paternel, ce cher gouverneur. Ainsi qu’un message.

Je déglutis, mon père était au courant de ce que nous avions fait ! Jamais je n’oserai le regarder en face à présent. L’on voyait très bien que je n’avais rien d’une victime sur cet enregistrement.

— Quel message ?

— J’ai déposé une plainte en bonne et due forme pour abus sexuel, elle a été enregistrée et confirmée par ce petit montage vite fait. Ah… j’adore ce moment.

Il avança le film en lecture rapide et je demeurai coite. Non, il plaisantait, il n’avait pas fait ça ! C’était faux, archi faux. Mais les images me montraient bien en train d’user de son corps. Jamais il n’avait posé la main sur moi hormis lorsque je semblais l’y forcer. Seigneur, quel était ce piège !

Sur sa scène favorite, j’enfouissais son visage entre mes cuisses, je ne m’étais pas rendu compte à quel point cela aurait pu être équivoque. Et mon père y avait cru !

— Vous n’avez pas fait ça ! Si une telle plainte est déposée contre moi, si… si mon père à confirmé la chose, je… je…

Je ne parvenais pas à achever cette conclusion, il le fit à ma place.

— Tu seras déclarée hors-la-loi et ta tête mise à prix. Interdite de poser le pied sur la Cinquième lune et… félicitation, tu as toutes les qualités requises pour faire partie des nôtres. Bien que tu sois ma première perverse sexuelle, je te garde quand même.

Je tombai assise sur le bord du lit. Il m’avait piégée pour me garder. Devais-je me sentir mal ou au contraire m’habituer à l’idée de rester avec lui, de devenir sa maîtresse, de goûter à ses mains et à ses lèvres encore et encore.

— Je sais que nous n’avons plus vraiment de marché, mais je demeure ton capitaine. Et à ce titre, tu devras toujours m’obéir.

Je relevai la tête vers lui, il s’avançait avec une lenteur de chat guettant sa proie. L’idée ne me rebutait plus. J’avais beau me dire que je ne verrai pas mon père, que cette vie serait sans doute faite de vols et de luxure, je ne parvenais pas à repousser cette proposition.

Il me donna un nouvel ordre, mon corps y répondit avant moi, un éclair brûlant me traversant.

— Déshabille-toi.

Fin.

Passion dans l’espace, chapitre 11

J’avais fait tout ce qu’il m’avait demandé, allait-il me relâcher à présent ? Honorerait-il sa promesse, je croisai les doigts. Mais pour l’instant, je n’avais plus la force de m’habiller, je me sentais si bien. Les fourrures disposées sur ce lit caressaient ma peau, j’en avais la chair de poule. Je ressentais encore les effets de ses mains, de sa langue. Je n’avais plus envie de repartir finalement.

Mais doucement la réalité revint m’envelopper. J’étais dans la chambre d’un capitaine pirate, celui-là même qui menait en ce moment des dizaines de personnes vers un destin sordide d’esclaves, en bas, dans ses cales.

Il réapparut au bout de deux longues heures et se coucha près de moi.

— Allez-vous me relâcher à présent ?

— C’est ce qui était convenu non ? Tu es libre. Si tu le souhaites encore, je te ferai débarquer sur la Cinquième lune et tu pourras revoir ton père.

— Vous ne lui en voulez plus ?

— Je le détesterai toute ma vie, mais… désormais, je peux dire que j’en ai retiré un avantage certain.

Je n’étais pas vraiment heureuse qu’il ne me voie que comme un moyen d’exercer sa vengeance, mais il n’en avait jamais été autrement. Je me levai, il ne m’en empêcha pas et m’observait alors que je me rhabillais. Et si… si je lui demandais de le refaire, encore une fois… non, quelle idée. Je ne devais pas oublier que je n’avais été qu’un jouet.

— Kara ?

Plus promptement que je n’aurais dû, je lui fis face, n’espérant qu’une chose, qu’il ne me renvoie pas immédiatement.

— Non rien.

— Vous allez vraiment me laisser partir ? Et pour les autres passagers ? Ils disent qu’ils vont être vendus, certains même parlaient de travail dans les mines, vous les vouez à l’esclavage ?

Il se mit à rire, roulant sur le dos.

— Je vois que ma réputation me précède.

Je baissai les yeux, c’était un monstre, cet homme pourtant si doux au lit n’était qu’un monstre.

— Mais elle est totalement fausse, ajouta-t-il.

— Quoi !

Il revint vers moi, s’assit au bord du lit et tendis la main. Attirée tel le papillon vers la flamme, je m’approchai. Il me bascula en travers du lit. Il se décidait. Enfin ! Ah non pas encore, il demeurait proche, me surplombant sans abuser de la situation.

— Nous avons vidé le vaisseau de ses occupants, scannés tout le monde afin de déceler d’éventuelles armes ou objets précieux puis nous les avons renvoyés vers la Sixième lune. Ton père et toute son armada pourront les récupérer sains et saufs plus tard.

— Pourtant vous êtes un pirate ! Un bandit, un assassin, un… un…, m’emportai-je.

— Je suis un voleur. Pas un assassin, pas si je peux l’éviter. J’ai libéré les prisonniers, par contre l’appareil vaut une fortune et ça, je le garde. Nous possédons une technologie capable d’immobiliser un engin de ce genre sans causer de dommages, excepté au niveau du noyau d’énergie central. Mais cela se remplace pour moins de cinq pour cent de sa valeur globale.

— Vous voulez dire que… qu’aucun mal ne leur sera fait ?

— Aucun. Je cause moins de torts à tout ce petit monde que ton propre père, sache-le. Depuis qu’il a été élu gouverneur, les taxes s’amoncellent et appauvrissent la Cinquième lune ainsi que les colonies alentour. Nous ne faisons que subsister. À notre manière.

Je comprenais subitement mieux pourquoi on comparait mon père à une ordure à bord du navire. Moi qui prenais cela pour des ragots, j’en tombais des nues.

— Je ne savais pas. Je vous croyais cruel et en fait…

— Et à présent, comment me vois-tu ?

— Comme un voleur, pas un assassin. Mais un voleur qui profitant des jeunes filles en détresse.

— Pas autant qu’il l’aurait souhaité. Et d’ailleurs le voleur veut te faire une proposition tout à fait malhonnête.

J’écarquillai les yeux, que me voulait-il donc encore ?

— Que tu restes ici, à mes côtés, et pourquoi pas, tenter d’autres expériences.

— Je dois retourner près de mon père, fis-je à regret, me redressant.

Rester avec un bandit ? Quelle idée ! Il était séduisant et m’attirait beaucoup. Je n’aurais pas refusé d’autres moments en sa compagnie, connaître plus de plaisirs, mais… non, je ne pouvais pas. On m’attendait, on avait des projets pour moi et… je soupirai, lasse.

— Avant que tu ne t’en ailles, je voudrais te montrer quelque chose.

Il se releva, s’approcha de son bureau sur lequel était incrusté un petit tableau de bord, y pianota et la baie vitrée s’illumina.

Passion dans l’espace, chapitre 10

Il eut un mouvement inédit, me tirant vers lui puis se rétracta aussitôt. Je demeurai frustrée. J’en voulais plus, encore plus. S’il souhaitait à présent me prendre, j’aborderais la question avec moins de répulsion. Ses caresses étaient exquises et me menaient droit là où il voulait.

— Penche-toi vers moi, approche ton sein de ma bouche, demanda-t-il nerveusement.

Sans rechigner, j’obéis. La douceur de sa langue me transporta. Elle était habile, ni trop rapide, ni trop lente. Tandis que d’une main, il me caressait toujours. Il se délectait alors que ses grands yeux couleur acier me dévisageaient. Je me cambrai, il soupira de plaisir lorsque mon sexe pressa contre le sien, glissant contre sa hampe.

— Tu en veux plus n’est-ce pas ? Beaucoup plus ?

— Oh oui.

— Tu veux atteindre la jouissance ?

— Si vous le voulez, je suis toute à vous.

Cette fois il allait me retourner, me prendre me faire… non, il glissa vers le pied du lit, je me retrouvai assise sur son estomac sans comprendre.

— Viens, donne-moi ton sexe, pose-le sur ma bouche et apprécie.

De plus en plus indécent, j’étais partante. Je voulais connaitre cela, l’idée seule m’excitait au plus haut point. Ma pudeur s’était évanouie depuis un moment et je lui offris d’autres lèvres que celles qu’il avait déjà eu le loisir de goûter. Son souffle tiède me fit frissonner. Sa bouche s’empara de mon sexe, le lécha jusqu’aux premiers gémissements avant de me faire don de quelques succions exquises. J’étais aux anges, plus excitée que jamais et au bord de l’explosion.

Ses mains ne demeuraient pas inactives, dans ce ballet où mes sens étaient exacerbés, plus rien ne comptait que le dénouement, cet orgasme qu’il m’avait promis. Il vint, me foudroyant délicieusement sur place. Je fus prise de légers sursauts, incontrôlables et les vagues de plaisir m’inondant. Une agréable torpeur m’envahit et je me laissai tomber à côté de lui, à bout de souffle, comblée, épuisée.

Il se releva, posé sur l’un de ses coudes et m’observa de la tête au pied avec ce petit sourire en coin que je commençais à connaître. Et à apprécier. Puis il se retira sans rien demander de plus. Et c’était tout ? Il ne souhaitait pas me clouer à ce lit et faire déferler toute sa passion sur moi ? Il n’en avait pas envie ? Pourtant son corps exprimait tout le contraire. Il enfila son pantalon et quitta sa cabine, prenant soin de verrouiller la porte en partant.

Passion dans l’espace, chapitre 9

Je me laissai prendre par son étrange jeu de séduction. Conquise. Il était d’une douceur surprenante, nul ne me croirait lorsque j’aurais à raconter cette aventure. Du moins, si j’osais.

Ma peau était parcourue de délicieux frissons, ma poitrine gonflée, mes lèvres tout autant malgré les agacements dont elles étaient victimes. Il écarta son visage, mettant fin à de longues minutes de ce plaisir toujours grandissant.

— J’ai l’impression que cela te plait.

Me prenant à son jeu, je hochai de la tête. Il ne me faisait plus vraiment peur et j’étais devenue curieuse de ce qu’il me préparait.

— Mais dis-moi, tu n’as jamais été touchée par un homme avant cela m’as-tu fait comprendre. Es-tu demeurée sage malgré tout ?

— Que voulez-vous dire ?

— Que les jeunes filles sont parfois très curieuses et bien moins innocentes qu’elles ne le font croire. Cela ne t’est jamais arrivé de te caresser lorsque tu te retrouvais seule ?

— Non ! Jamais, mentis-je.

Je ne devais pas être plus douée pour cet exercice que pour les précédents, cela le fit sourire. Je me ravisai.

— Enfin… quelques fois.

— Jusqu’à la jouissance ?

Je répondis négativement de la tête. Cette conversation devenait embarrassante.

— Donc tu te caressais. Quoi donc ? La poitrine ?

— Parfois.

— Montre-moi.

Je demeurai stupéfaite. Quelle idée !

— Allons ! Redresse-toi et montre-moi.

Il aurait le loisir de me voir tout entière, ne rien rater de ma nudité, mais j’obtempérais, je n’avais pas le choix.

Je posai mes mains sur mes seins, les massant doucement. J’avais toujours préféré stimuler les deux en même temps, créant alors une vague de plaisir dans tout le corps.

Il me regardait faire, l’éclat dans ses yeux ne me laissait aucun doute, il y prenait un plaisir tout particulier.

— Prend mes mains, utilise-moi.

De nouveau, je demeurai circonspecte. Ses mains ? Si chaudes sur ma peau ? Sur ma poitrine déjà sensible ? J’allais défaillir de plaisir s’il me touchait ! Je le saisis par les poignets et amenai ses mains jusqu’à mes seins. Il les prit, les malaxa avec douceur et je lui indiquai quelle pression exercer, je fermai les yeux. Que c’était agréable d’être caressée par un homme, c’était toute autre chose que de le faire soi-même. Cela avait quelque chose d’incongru, de palpitant. Tout pouvait arriver.

Alors qu’il me massait, je jouais avec l’un de mes mamelons, je fondais littéralement sur lui, sentant sa verge toujours contre mon sexe tendre, mais trempé à présent.

— Tu aimes ça ? Je peux essayer ?

Sans attendre de réponse inutile, il pinça mes tétons, les titilla de l’index, je gémis. Le désir montait en moi, bien plus fort que lors de mes jeux en solitaire. Mon pouls s’accéléra, ma respiration se fit sonore. J’avais honte de me laisser aller à ce point, mon corps ne m’appartenait plus.

Passion dans l’espace, chapitre 8

L’embrasser ? Comme ça sur commande ! Sans aucun sentiment ni même désir. Bien que… il était si bien fait que si je me forçais un peu, tâchant d’oublier le genre d’homme qu’il était… il aurait pu me plaire. Oui, il m’aurait certainement plu si ce n’avait été un pirate, un vendeur d’esclaves, un… Mais pas comme ça, sur son ordre.

C’était notre marché, je devais exécuter sans discuter. Je me penchai et pressai mes lèvres sur les siennes. Elles étaient épaisses, douces et son haleine avait un parfum de rhum.

— C’est tout ?

Je réitérai, m’attardant plus longuement. Je le sentis happer ma lèvre inférieure entre les siennes, venir chercher ce baiser qu’il m’ordonnait sans faire preuve de la moindre brutalité. Je suivis ses mouvements, telle une élève appliquée en plein cours pratique. Ce n’était pas désagréable au fond. Juste encore cette pensée vers ce qui m’avait mené à lui qui gâchait tout. Il n’eut aucun geste, ni brusque ni tendre. Juste sa bouche qui se faisait gourmande. Je me faisais docile, je me faisais une raison. Au moins je ne serai pas vendue. J’aurais pu atterrir dans un endroit sordide, bien pire que ce qui se passait ici. Il aurait pu me violenter.

— Bien, fit-il me poussant légèrement du nez. Un baiser plus profond à présent. Mais avant allonge-toi sur moi, à califourchon.

Je me redressai, juste de quoi observer ce qui m’attendait. Il était nu et son membre tendu serait en contact avec moi. Seigneur, il était de belle taille, je ne voulais pas de ça en moi ! Jamais !

— Allons ! insista-t-il sans hausser le ton.

— Je n’ai jamais fait ça, je ne peux pas !

— Je te demande seulement de te placer au-dessus de moi. Et sans discuter, c’est ce dont nous avions convenu.

Je me demandais par moment si j’avais affaire à ce capitaine si effrayant dont les autres parlaient, il s’amusait de la situation et affichait un air détendu.

— Ensuite, embrasse-moi et ouvre les lèvres, laisse-moi faire.

Je plaçai une jambe de chaque côté de ses hanches, me penchant ensuite afin de couvrir son corps. À mes yeux, il respirait la virilité, je me sentis honteusement émoustillée de me trouver dans cette posture, à la fois dominante et à sa merci. Son membre pulsait entre mes cuisses. Il était chaud et je n’osai bouger le bassin de crainte que d’un mouvement involontaire, il me pénètre. J’ignorais si après s’être amusé à me commander il n’allait pas finalement user de sa force, me retourner et me prendre. Il y avait de grandes chances et je préférai que ce soit le plus tard possible.

Je me penchai, mes seins frôlaient son torse velu. Ses poils chatouillaient mes mamelons me faisant éprouver un début de volupté dont je ne voulais pas. Je m’allongeai sur lui.

Lorsque je l’embrassai de nouveau, sa langue s’immisça entre mes lèvres, venant à la rencontre de la mienne, jouer avec elle. Était-ce d’être ouverte, si proche, peau contre peau, ou ce baiser si tendre ? Mon corps se détendit, je me sentis fébrile, moite. J’aimais de plus en plus ces sensations que cela éveillait au creux de mes cuisses. J’espérais finalement qu’il ne cesse pas trop vite.

Passion dans l’espace, chapitre 7

Il se recula de quelques pas et je me mis à trembler. Il voulait abuser de mon corps. Ou plutôt, il allait m’ordonner de me laisser faire. Plus grand que moi, plus fort également, je n’avais aucune chance de lui résister.

Je commençai par mes bottines et il en fit tout autant. M’attaquai à la ceinture, il fit de même. J’ôtai ensuite ma tunique alors qu’il se délestait de sa chemise, me fixant. Son regard me brûlait. Je me dissimulai et le jaugeai à mon tour. Sans être trop épais, il était parfaitement musclé. Un tapis velu tapissait le haut de son torse et descendait en fine ligne droite jusque sous le nombril. J’évitai de m’attarder à cet endroit, c’était là que dormait encore ce qui volerait ma vertu.

Je revins vers son visage, il avait perdu cet air haineux de tout à l’heure. Décidément, il était tout autant séduisant que dangereux et vicieux. Il s’approcha et je l’esquivai de nouveau. Contrairement à ce que j’avais cru, il ne fit aucun mouvement vers moi, il ôta juste son pantalon, m’offrant une vue directe sur son anatomie de dos et s’allongea. Manifestement, il m’attendait.

Voulait-il reprendre ce qu’il avait stoppé en position allongée ? Je me délestai de ce qui restait et, me couvrant les seins, laissant ma toison sombre seule masquer mon sexe, je m’approchai.

— Viens.

Je mis un genou dans le lit, j’eus de quoi faire l’équivalent de trois pas avant de le rejoindre au centre. À tout moment je m’attendais à ce qu’il me saisisse et me plaque violemment sur le dos, me prenne sans ménagement, mais il ne bougea pas. Je me tins à genoux à côté de lui, attendant ses ordres.

— As-tu déjà embrassé un homme ?

— Non.

— Une femme ? haussa-t-il un sourcil.

— Non plus.

— Toute autre forme de vie intelligente ? plaisanta-t-il ensuite, souriant à pleines dents.

Il était déroutant, il s’amusait encore de moi.

— Et bien tu vas apprendre. Rien ne vaut la pratique. Embrasse-moi.