Faire une couverture pour votre livre, les mentions obligatoires

Certains pensent que la couverture est secondaire, d’autres qu’elle est primordiale. Et aucun n’a franchement ni tort ni raison vu que cela dépend de chacun. Et tant qu’auteur je persiste et signe, la couverture à son importance. Même si vous-même ne choisiriez pas un livre sur base de celle-ci, n’oubliez pas que pas mal de lecteurs, eux, le feront.

D’ailleurs, certaines maisons d‘édition ne misent-elles pas justement sur cette couverture ? Soit en faisant dans la simplicité (marque de fabrique que leur notoriété met en avant), soit en usant de codes graphiques répétitifs et porteur de succès, soit en concevant des livres de toute beauté (avec des reflets, reliefs, dorures, etc.).

Avec une belle couverture, votre livre peut devenir un véritable petit bijou dans une bibliothèque. Et certains lecteurs aiment ça aussi.

Dans un livre, en fait, tout est important, tout doit être soigné. Alors pas de raison de laisser tomber la première chose qui se voit, y compris si au final c’est l’histoire qui se transformera en coup de cœur (ou pas) et non la photo du héros sur la pochette.

Mais ce n’est pas tout, il y a des mentions obligatoires à apporter sur une couverture sans compter les petits tuyaux au niveau du graphisme. Cette fois, je mentionnerai les mentions obligatoires (cela va peut être paraître réchauffé, mais il faut bien passer par là) 🙂

La première (page) de couverture

L’œil du lecteur, du passant qui passe, du curieux qui déambule dans les allées de la libraire  sera attiré par cette page en premier lieu (et en second sur une vitrine virtuelle, le titre passant avant).

Et parlons-en du titre et de tout le reste.

Ce qui est indispensable :

Le titre

Lisible. Gare à la police trop sophistiquée, aux couleurs qui ne tranche pas assez avec le fond. Pensez aux sites vitrines qui l’afficheront en petite taille. Bien choisi, il ouvre une première porte sur la curiosité.

Comment trouver un titre ?

Soit il viendra tout seul à vous soit il se fera attendre et désespérer le bougre. Le mieux est de faire une liste des termes en rapport avec votre livre, de faire simple, facile à retenir (évitez les titres comme Hyprodimate comme moi à une époque hein, moi-même je ne parvenais pas à l’écrire de mémoire au début et j’ai laissé tomber :p) et original (qui n’existe pas déjà). Faites un petit brainstorming, n’hésitez pas à demander l’avis de personnes extérieures et choisissez un titre qui vous donnera à vous aussi l’envie de découvrir plus sur votre histoire.

Ne survendez pas votre histoire au moyen d’un titre racoleur non plus. Je me souviens d’un titre qui assurait la présence d’une l’héroïne sympa et celle-ci était une chieuse de première, je n’ai lu que trois chapitres, me sentant bernée et déçue.

Nom(s) d’auteur(s)

Certains auteurs lorsqu’ils sont reconnus usent d’une taille de caractères aussi grande sinon plus que le titre du livre, car ils savent que leur nom fera sans doute toute la différence.

Comme un Stephen King ou un Bernard Werber, le titre pourrait être en tout petit, vous sauriez tout de même ou vous mettez les pieds. Pour ma part je préfère que le titre soit plus visible que le nom d’auteur, car il a une grande importance dans le choix du lecteur (surtout pour les auteurs en herbe). Mais ne le négligez pas pour autant. Il est votre marque de fabrique.

Nom de la saga et des tomes éventuels

Seulement si votre livre fait partie d’une saga (plusieurs tomes). Indiquez en plus petit, mais clairement le numéro de tome. À vous de voir si vous mettez le nom de la saga plus en avant (au niveau taille de caractères) que le titre selon que vous jugerez de son importance.

Maison d’édition

Si vous êtes auto publié, vous n’aurez pas à le faire puisque vous n’en aurez pas. Et si vous êtes publié en maison d‘édition… ben heu non plus, car c’est le graphiste qui s’en chargera (à moins de vous être mis d’accord avec votre éditeur qui vous laissera faire votre couverture de a à z). Bref. Indiquez la maison d‘édition ou son logo, bien souvent cela se situe dans le coin inférieur gauche ou au centre. Et si vous le jugez bon, le nom de la collection, sinon faites-le apparaître en quatrième page.

L’illustration

À moins de vouloir une couverture sobre et épurée (façon Gallimard pour exemple), il vous faudra une illustration. Le gros morceau en fait. L’image, la photo ou le montage qui interpellera, donnera le ton, le mystère, l’aspect joyeux ou romantique, le côté glauque.

Elle doit refléter l’ambiance de votre livre, ne pas mentir, ne pas surjouer (pas trop), être fidèle au contenu et donner envie. Pfiou, ça fait déjà un paquet de choses !

Ce qui devrait sauter aux yeux, c’est le genre. Ou du moins en avoir une bonne idée, car une histoire ne rentrera pas forcément dans une seule case.

Romance ? Un couple, quelques détails qui mettront la puce à l’oreille et qui feront écho à un passage du livre. Coupes de champagne, pétales de roses, menottes (petits canaillous).

Un thriller, misez sur le mystère, l’angoisse, une ombre, l’ombre d’une arme, de la main d’un tueur ou de sa victime. Ou également des détails faisant écho à l’histoire, un décor. Une barque abandonnée au bord d’un lac si le serial killer noie ses victimes.

On remarque d’ailleurs que les couvertures françaises sont très souvent plus épurées que les couvertures américaines, qui sont plus tape-à-l’œil.

Voyons voir ce qui est facultatif à présent :

Un sous-titre, une citation, une phrase d’accroche (bien que je ne sois pas fan de la phrase en première page, je la préfère en quatrième, là où l’on est plus axés sur les suppléments d’informations). Ajoutez-là si vraiment cela colle bien avec votre histoire. Il doit être concis, lisible. Comme je le dirai avec le résumé, « vendez » votre histoire, mais sans surjouer (que le lecteur ne s’attende pas à quelque chose de tout à fait différent de ce qui est annoncé).

Éventuellement, le genre. Discrètement glissé. Mais si votre image est suffisamment expressive, ainsi que votre résumé, nul besoin. S’il s‘agit d’une nouvelle plutôt qu’un roman par contre, mentionnez-le.

N’oubliez pas que si vous avez plusieurs informations à caser sur cette première page qu’il ne faut pas l’alourdir, cela doit rester harmonieux et clair.

Le dos

À ne pas confondre avec la tranche qui est le côté « pages » quoi qu’on vous en dise. Rappelez-vous de Harry Potter et les reliques de la mort et du Monstrueux Livre des monstres dont il faut caresser le dos pour le calmer (et ne pas risquer de se faire mordre du côté de la tranche, mordre… trancher… moyen mnémotechnique, pas de quoi ^^).

Il y a toute une histoire sur cette partie. Avant la fin du 19e siècle, l’on écrivait le titre et le nom de l’auteur à l’horizontale (en tout petit donc). Puis pour des raisons diverses et variées, cela se fit peu à peu à la verticale.

Il y a deux écoles. Soit le texte s’écrit de haut en bas (à l’américaine) soit de bas en haut (à la française). Les Anglo-saxons trouvant plus logique leur manière de faire et plus lisible lorsque les livres sont posés couchés en pile sur un support (une table) ou debout sur une étagère.

Après, c’est vous qui voyez ^^

On y écrit donc le titre et le nom d’auteur, bien au centre. Mieux vaut ne pas surcharger. On peut égayer avec une partie de l’illustration de l’avant (comme une miniature de l’un des personnages, une initiale à la belle typographie, ou quelque chose du genre) ou par la continuité de l’illustration principale (un paysage en fond qui couvre toute la couverture par exemple).

Bonus : la tranche. La minute vocabulaire.

La tranche est donc le côté « pages ». Vous remarquerez trois types de tranches. La tranche de gouttière, le côté sur toute la hauteur du livre. Mais vous avez également la tranche de tête, celle du dessus et par conséquent, la tranche de queue, en dessous.

La quatrième (page) de couverture

Au 19e siècle aux États-Unis, le résumé de la quatrième de couverture était généralement écrit par un autre auteur ou par l’éditeur lui-même. Au fond, l’idée de laisser la parole à un regard extérieur n’était pas plus mal non plus je trouve.

Peu à peu, l’on en vint à utiliser cette partie pour la promotion via un texte accrocheur, chose qui se fit plus tard dans les pays européens. Il faut dire qu’en ces temps, les livres étaient des objets de luxe et la couverture, une jaquette couvrant l’objet en question. Ce n’est que lorsqu’ils se popularisèrent dans les années 50 que les illustrations apparurent (bien qu’il y eut encore un moment durant, d’irréductibles résistants).

Que doit-on indiquer sur cette quatrième ?

Titre et noms

Le titre et le(s) nom(s) de(s) auteur(s). Nul besoin de faire dans la grande taille ici, faites un peu plus voyant que le texte, simplement tout en reprenant la même typographie, c’est plus harmonieux.

De même pour éventuellement le titre de la saga et le numéro de tome.

Le résumé

Comme dit plus haut, il était rédigé autrefois pas un tiers. Aujourd’hui, c’est plus souvent l’auteur qui s’y colle (tout en pouvant être assisté de son éditeur s’il en est).

Le résumé est hyper important. Il doit mettre le ton, vous plonger dans l’ambiance, susciter l’envie d’ouvrir ce livre d’aller plus loin, de le découvrir. Mais attention sans tout dévoiler non plus ! Exercice difficile et pas toujours apprécié, j’en conviens.

Vous pouvez en faire un résumé (résumé de l’acte I), user de phrases d’accroches percutantes ou de questions pertinentes (certains aiment ou détestent les résumés-questions, c’est à vous de voir).

Ou bien même un extrait, un dialogue. Mais attention, il doit à lui seul faire office de résumé et donc, donner quelques points de l’intrigue qui auront le même résultat. Ne pas faire trop mystérieux à ce niveau-là, il doit susciter l’intérêt et non juste offrir un extrait de votre prose.

Et surtout ne spoilez pas la fin non plus !  Imaginez votre tête si au dos du DVD du Sixième sens, il y avait écrit Le Dr Malcom Crowe, psychologue pour enfants est mort depuis plusieurs jours mais son esprit refuse cette éventualité, il erre depuis entre les vivants qui l’ignorent …. Heu mince, j’ai spoilé là ?

Le code ISBN ainsi que le prix

Passons au plus technique. Même si vous comptez faire une couverture épurée ou originale totalement assumée, ces données sont légalement obligatoires.

Le code ISBN peut être fourni par la plate forme d’édition (Amazon vous en offre un si vous le souhaitez, à la création de l’ouvrage et l’apposera même automatiquement si vous le lui autorisez).

Mais il est préférable d’utiliser ses propres ISBN pour qu’il soit bien répertorié. Vous pouvez en commander auprès de l’AFNIL. C’est totalement gratuit, ils vous enverront cela par mail et vous pouvez en demander plusieurs dizaines (je leur en avais commandé 50 afin d‘être large, il n’y a pas eu de soucis)

Ce code ISBN n’est pas à écrire tel quel, il devra l’être sous forme de code-barre. Vous pouvez générer ce code-barres et le sauvegarder afin de l’ajouter à votre couverture via (au choix, je vous mets plusieurs liens au cas ou) :

Online barrecode generator

Générateur de chez Autres talents

Générateur de chez Toolkit
(sympa pour personnaliser la taille et la couleur) :

Informations supplémentaires sur l’ISBN (pour les petits curieux)

Nous en sommes à la norme ISBN-13 depuis 2007. Avant cela, il existait la norme 10 (neuf chiffres plus un de contrôle, un peu comme pour les comptes en banque), mais celui-ci est arrivé à épuisement des stocks.

Ce nombre est divisé en trois groupes : zone linguistique ou pays, l’éditeur, un numéro identifiant le titre et une clé de contrôle.

Le prix

Avec taxe comprise. Obligatoire bien que parfois on l’oublie ^^

Ne vous stressez pas, si vous faites une promotion temporaire, n’allez pas modifier votre couverture, il s’agit du prix de base. Si vous modifiez définitivement ce prix de base par contre, oui, songez à effectuer les modifications (c’est pour cela qu’il faut bien y réfléchir avant :p ).

Les informations facultatives :

Une photo de vous (ou votre avatar officiel) ainsi qu’une mini biographie (pour ma part, je préfère informer de tout cela via mon blog et laisser place au livre et à son histoire).

Un extrait de chronique, critique, une phrase d’accroche motivante.

Et nous voici arrivés à la fin de cette première partie sur les mentions à apporter sur les couvertures. La seconde partie se portera sur l’aspect visuel. À suivre !

Ne soyez pas timide, laissez une trace de votre passage

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