Que quoi ? Suis-je sur le bon blog ? Ah oui. Mais qu’est-ce que ça vient faire là entre le webmarketing, les aide-mémoires, les ch’tis conseils et tout le tintouin ? C’est très simple, cela fait partie des sujets sur lesquels je me documente depuis quelque temps.

Depuis que j’ai en tête d’écrire La femme de l’antiquaire pour être précise, car cet ouvrage y est cité (et plus, car affinités). Ce livre fort connu associé au sexe, au plaisir, aux positions coquines et à tout un tas d’autres choses que l’on oublie ou ignore comme la façon de se comporter dans la société indienne, avec les autres femmes de son époux ou ses amantes et heu… (je l’ai lu à une époque, mais comme je n’arrive plus à remettre la main dessus, j’imagine qu’il fut au nombre des victimes d’un précédent dégât des eaux, c’est triste).

C’est également un guide destiné à atteindre l’équilibre dans le couple et être heureux.

 » Les animaux sont ignorants du karma, ne connaissant que le rut lors des chaleurs des femelles. Mais les hommes et les femmes connaissant leur yoga, embrassent l’infini lorsqu’ils font l’amour. « 

— Vâtsyâyana.

C’est beau non ? Embrasser l’infini.

Écrit par — lisez ce nom à voix haute — Vâtsyâyana Mallanâga (sérieux, vous l’avez vraiment lu à voix haute ?), un auteur de l’Inde médiévale (selon les sources, cela varie du IIIe au VIIe siècle), le Kâma-Sûtra tel qu’on le connait le mieux n’est en fait qu’une partie de l’œuvre en question, le deuxième livre sur sept. Il signifie littéralement Les aphorismes du plaisir.

Aphorisme = bref énoncé résumant une théorie ou un savoir.
(merci Google)

Les sept livres sont (vous n’êtes pas obligé de lire à voix haute) :

  1. Les Méditations, le Sadharana
  2. L’art de faire l’amour, le Samprayogika
  3. L’art de faire la cour et le Mariage, le Kanya Samprayuktata
  4. La conduite de l’épouse, le Bharyadhikarika
  5. Séduire les femmes des autres, le Paradarika
  6. La Courtisane, le Vaisika
  7. Les aphrodisiaques et les charmes, l’Aupanishadika

 » Lors de l’acte sexuel, si les pensées des deux partenaires sont différentes, c’est comme s’il y avait l’union de deux cadavres. « 

— Vâtsyâyana.

Heu non, pas de nécrophilie ici, mais simplement que s’il n’y a que l’acte physique sans la communion des esprits, sans cette connexion mentale, cette connivence entre les deux partenaires, hé bien ce n’est qu’un acte sans âme, sans émotion.

Il y est même conseillé de ne pas se ruer sur sa jeune épouse lorsque celle-ci est vierge et la préparer, faisant retarder l’acte de trois jours.

Outre les positions sexuelles, la façon d’embrasser, de caresser et touti quanti, cette partie enseigne comment aviver la flamme et la garder allumée malgré la routine du couple. Il explique également comment les amants doivent s’accorder sur le plan physique. Si par exemple, madame est plutôt étroite et monsieur bien membré, il leur faudra préférer certaines positions afin que chacun y trouve du plaisir. De plus (avant que le puritanisme anglais ne déferle sur l’Inde), le Kama-Sûtra ne voyait aucune objection quant à la nature des rapports, que l’ont soit hétérosexuel ou homosexuel, dominateur ou soumis, couple légitime ou non (l’adultère était encouragé si le conjoins n’était pas heureux). On s‘aime, on se respecte, on éprouve du plaisir, tout va bien.

Il ne parle donc pas que de sexe, mais de parfums, de nourriture, de maquillage, de musique, de danse…

 » Kama est la jouissance d’objets appropriés, par les cinq sens de l’ouïe, du toucher, de la vue, du goût et de l’odorat, assistés de l’esprit uni à l’âme. « 

— Vâtsyâyana.

Hélas, l’on aura beau retourner le web dans tous les sens, mis à part des dessins coquins rigolos… le côté philosophique est souvent oublié.

Quelques chiffres, le saviez-vous ?

  • Le Kama-Sûtra au complet fait sept livres de 36 chapitres.
  • Dans ce second livre du Kama-Sûtra, il est comptabilisé 64 positions (non, pas 69 : p).
  • La fellation se compose de huit étapes, et neuf positions lui sont consacrées.
  • Le cunnilingus se compose de cinq étapes.

Et pour finir en beauté, car je parie que cela a titillé votre curiosité vous aussi, quel genre d’aphrodisiaque ce livre propose-t-il ? Allez petit coquinou curieux, voici une recette.

 » Mélanger de la racine d’ail avec du poivre blanc et de la réglisse, à boire dans du lait, avec du sucre. »

— Kama-Sûtra, Aupanishadika.

Et dans ce fameux roman ?

Pour résumer, Adèle l’héroïne détient un exemplaire de ce livre ainsi que des traductions. Elle sera d’ailleurs accusée par un malotru de les avoir volés. Chose que Thomas (notre héros) croira sur parole (mais pas bien longtemps). Ce dernier aura alors l’occasion d’étudier de près le savoir de ce livre (le second donc) et de mettre en pratique cette nouvelle science.

Je dois avouer que je me suis permis une largesse dans cette histoire. Inventer l’existence d’une traduction précédant celle de 1876, soit une quarantaine d’années plus tôt. Mais l’on dira que cette version ne fut pas révélée au grand public :p

En savoir plus :

Et le mot de la fin :

 » Le sexe n’est sale que si on ne se lave pas. « 

— Madonna