Découvrez tout de ce livre
↓1983086177
978-1983086175
Gaëlle Laurier est une auteure française, née à Gravelines et résidant maintenant dans le sud de la Belgique. Elle est l’auteure de plusieurs œuvres, dont « Princesse Chloé » publié chez Gloriana éditions et « Scandales à Easton Creek » aux Éditions Évidence, qui a remporté un prix lors des Wattys 2017. Passionnée par les jeux de rôles littéraires et diplômée en informatique, elle a commencé à écrire des nouvelles et des fanfictions avant de se lancer dans des romans.
Depuis 2015, son parcours littéraire s’est enrichi avec des œuvres variées, allant du fantastique contemporain à la romance historique. Elle a également créé son propre blog d’auteur pour partager ses écrits. Ses récits, qui mêlent romance, mystère et aventures, s’adressent à un public francophone en quête d’histoires captivantes.
En dehors de l'écriture, Gaëlle est passionnée de voyages et s’inspire des cultures et paysages qu'elle découvre. Elle partage également sa créativité à travers la cuisine et les arts créatifs, soutenue par son époux dans sa carrière d’écrivaine. Avec une plume engageante, elle continue d'écrire des récits qui transcendent les frontières du temps et de l’espace, promettant de nouvelles aventures à ses lecteurs.
Je sentais mes forces m’abandonner au fur et à mesure que mon sang s’écoulait. Heureusement, il n’avait pas touché l’artère fémorale, mais il n’était pas passé loin. Par contre, pour ce qui était du coup à l’épaule, il avait fait preuve de bien plus de précision. Gageons qu’elle fut brisée vu la douleur qui me lançait jusqu’au cœur et à travers le corps. Me paralysant pratiquement de moitié.
Mais je n’avais pas à avoir honte. Je les avais vaincus. Tous ceux qui étaient venus à proximité. Un par un. Il ne restait que celui-là. Le plus coriace, le plus fourbe. Il avait attendu que les autres m’épuisent avant de porter un premier coup à ma cuisse. J’avais pu éviter qu’il ne sectionne pire que quelques vaisseaux. L’on ne me surnommait pas, moi aussi, Callidromos le plus rapide, le plus agile pour rien. Et même si sa tactique avait pour intention que je sois ralenti de fatigue, il me restait bien plus que mes muscles pour m’en sortir : la rage d’être vivant et de parvenir à enfin obtenir la liberté que je convoitais.
Depuis l’enfance, je m’entraînais pour cela, depuis que je fus en âge de combattre, je ne m’y pliais que dans ce but. Pour survivre, j’avais dû me forcer à tuer. Tuer pour ne plus être le petit esclave celte arraché à sa terre que j’étais.
Je ne comprenais toujours pas pourquoi il ne m’attaquait pas une dernière fois. Pourquoi il ne se décidait pas à porter le coup final. Au lieu de cela, il se déplaçait autour de moi, aux aguets lui aussi. Prêt à bondir, mais s’y refusait. Au centre de ce cercle imaginaire qu’il traçait, je ne pouvais que l’observer. Tournant sur moi-même afin de suivre chacun de ses pas, anticiper chacun de ses mouvements. Puis me vint l’évidence, claire et limpide alors que le sable sous moi n’était plus qu’une sorte de bouillie de poussière et de sang dans laquelle mes pieds s’enlisaient. Il attendait que je me vide pour m’achever. Que je sois suffisamment faible pour n’avoir qu’à porter le coup fatal. Serait-ce un jeu ? Ou serait-ce qu’au final, il ne soit pas capable de plus.
Voilà des heures que nous combattions ici, il devait être tout autant épuisé que moi. Et les longues minutes de cette agonie commençaient doucement à faire monter quelques rumeurs parmi le public. S’il était bien une chose que l’on ne devait pas… que l’on ne devait jamais faire, c’était bien de le contrarier. Nous n’étions pas que gladiateurs, nous étions acteurs. Mettant en scène notre propre mort ou celle de nos adversaires. Mais ce qu’ils voulaient, eux tous qui nous regardaient en ce moment, c’était du spectacle.
Je jetai un œil du côté de Celsus, mon maître, mon laniste. Il était pâle comme un linge lui aussi. Normal, il perdrait gros si je venais à tomber. Car de tous, il ne restait que moi. Chance. Récompense de mes efforts. Protection divine. Je ne saurais jamais, mais quitte à en terminer ici et maintenant, j’allais donner le dernier coup.
Piteusement, je me redressai et levai ma masse d’armes au-dessus de ma tête. Jetant mon bouclier afin de déstabiliser mon adversaire qui songerait sans doute qu’il serait plus simple de me tuer. Et fixant la foule, mon corps hurlant sa douleur, je hurlai avec lui mon nom, l’incitant à me suivre dans ce cri de victoire.
Callidromos !
Il n’en fallut pas plus pour la réveiller et la déchaîner ! Tenue trop longtemps en alerte, le moindre mouvement aurait suscité la même liesse. Mais je croyais avoir manœuvré comme je le devais. Et alors que, déstabilisé par les acclamations de plus en plus puissantes, scandant ce nom que je leur offrais en pâture, mon adversaire me quitta des yeux une fraction de seconde, je m’élançai vers lui et frappai.