Comment choisir une police de caractères pour mon livre ?

Waw ! Tout un programme !

Je vous avais déjà parlé des typographies ainsi que quelques termes de vocabulaire dans cet article :

J’espère le compléter un peu.

Lorsque vous vous êtes lancé dans l’écriture, vous vous êtes certainement posé la question de savoir quelle police de caractère utiliser, sa taille, ainsi que tous ces détails techniques qui ont leur importance afin d’assurer une lecture agréable et sans risque d’hémorragie oculaire (ou de céphalées).

Et l’on vous aura répondu soit :

    • Time New Roman, 11 pts, alinéa 0,6 et interligne 1,5, texte justifié (les standards)
    • Fait comme bon te semble, c’est ton livre
    • Moi, j’prends Garamond, j’aime bien…

Décortiquons.

Restons classiques

La première solution est la plus classique. Et, à quelques exceptions près, celle demandée par défaut par un éditeur. Donc si vous visez l’édition traditionnelle… vérifiez sur le site de l’éditeur pour connaître ses volontés spécifiques (mais vous ne serez pas bien loin). Si vous visez l’autoédition en craignant une bourde de ce côté-là, visez cette configuration lisez la suite.

Ou soyons originaux

La seconde solution viendra lorsque vous serez moins frileux.

Utiliser une police différente n’est pas mal non plus (et certains ont même tendance à dire que Time New Roman, y’ en a un peu marre). Mais ce ne sera possible que si vous vous autoéditez, car sinon cela reste de la décision de l’éditeur (qui lui, sait, c’est bien connu). À moins de pouvoir en débattre avec lui/elle/eux. Bref.

En effet, changer de police de caractère donne du style, complètera l’ambiance de votre histoire. Imaginez une romance sombre, un roman fantastique aux titres faits de caractères gothiques. Si cela reste lisible et pas trop surjoué, ça peut le faire. Mais attention, n’usez d’originalité que sur les titres, le texte doit être le plus lisible possible et agréable. Imaginez qu’il y en a pour des heures de lecture et qu’une police peu adaptée fatiguerait la vue.

Choisir deux polices maximum pour un roman, l’une pour les titres, l’autre le texte. Bien que vous puissiez employer la même pour les deux tant que le texte n’en pâtisse pas.

En résumé : sobriété et lisibilité avant tout pour le texte, une originalité n’est pas proscrite pour les titres.

Tout en restant dans la légalité

Garamond (pour reprendre cet exemple) est très classe et permet une lecture agréable, je vous l’accorde.  Ouaip, mais elle n’est pas libre de droits.

Tout comme beaucoup d’autres bien connues et préinstallées d’ailleurs.

Il existe des tas de variantes de cette police et pour la plupart, vous devrez vous acquitter aussi d’une licence. Bien que faisant partie de vos polices par défauts sous Windows (pour Mac, je ne puis dire), elle ne peut être employée que pour des documents personnels, pas pour un texte à vocation commerciale. Vous devrez au mieux vérifier que tout est en règle de ce côté-là ou en choisir une qui le soit.

Par exemple, il existe une version gratuite : EB Garamond. Voir plus bas.

Oui, mais une police c’est une police, pourquoi en faire tout un pataquès ?

Déjà parce qu’il s’agit d’une création. Et je pense que se faire bouffer ses droits d’auteur, vous avez une vague idée de comment cela peut faire plaisir. De plus, sachez qu’une police ne se crée pas juste en dessinant l’alphabet minuscules + majuscules + quelques symboles dans des cases. Non. Les caractères outre d’être originaux, doivent être étudiés pour obtenir un rendu parfait à l’impression, à l’affichage et ce, en gras, italique, etc.

Pour exemple, j’avais choisi une police du nom de Roboto pour mon texte. Lisible, large, conseillée sur un blog. Mais, dans mon texte certains courts passages étaient en italique. Et ces mots en italique malgré l’espacement classique collaient systématiquement au mot suivant. Le rendu était de ce fait assez, disons-le, moche.

Car il ne suffit pas de faire la police et hop, c’est envoyé. Il faut prévoir les styles, tels qu’italique, gras au minimum. Si ces styles n’ont pas été conçus à la base, votre logiciel générera ces styles au mieux. En penchant artificiellement votre texte, en épaississant son trait. Mais sans garantir un résultat au top.

C’est un travail d’acharné que de créer une police de caractère de qualité.

En passant, cela pourrait vous intéresser : 

Les polices les plus lisibles

Selon des études de 1991 et 1994 (qui certes datent un peu beaucoup, mais je n’ai pas encore trouvé plus récent) et quelques conseils pros glanés en route, voici le top 12 des polices les plus lisibles.

Mais bon, j’ai envie de dire que là aussi, on va vous sortir que certaines sont banales (surtout Arial, méfiez-vous). Et elles ne sont pas libres de droits pour usage commercial sans débourser. La plupart tournant autour de 35 € sur https://www.myfonts.com/

Pour les polices conseillées pour le format papier :

  • Garamond
  • Georgia
  • Times New Roman
  • Baskerville
  • Book Antica
  • Palatino
  • Sabon

Pour les polices conseillées pour le format numérique :

  • Helvetica
  • Arial
  • Georgia
  • Avant-Garde
  • Tahoma
  • Lucida

Selon des études de 1991 et 1994 (qui certes datent un peu beaucoup, mais je n’ai pas encore trouvé plus récent) et quelques conseils pros glanés en route, voici le top 12 des polices les plus lisibles.

Mais bon, j’ai envie de dire que là aussi, on va vous sortir que certaines sont banales (surtout Arial, méfiez-vous). Et elles ne sont pas libres de droits pour usage commercial sans débourser. La plupart tournant autour de 35 € sur https://www.myfonts.com/

Pour les polices conseillées pour le format papier :

  • Garamond
  • Georgia
  • Times New Roman
  • Baskerville
  • Book Antica
  • Palatino
  • Sabon

Pour les polices conseillées pour le format numérique :

  • Helvetica
  • Arial
  • Georgia
  • Avant-Garde
  • Tahoma
  • Lucida

Quelques fontes qui ont de la gueule (et gratos !)

Quelques fontes pour votre texte bien jolies et alternatives aux plus utilisées. Mais elles ne sont pas les seules, loin de là.

Les polices à éviter

Vous êtes libre de faire comme vous le souhaitez, mais je vais tout de même, au cas où, vous informer des polices à éviter. Pour vos titres, pour ce qui est du texte, elles sont juste inenvisageables.

La première, la plus connue puisqu’elle était déjà indésirable dans les années 2000, Comic sans®.

C’est vrai que cette police est claire, lisible et amusante avec ses rondeurs et son côté cartoon. Elle était d’ailleurs destinée à des applications pour enfants. Mais elle fut à tel point utilisée, et surtout mal utilisée je dirais, qu’elle en est devenue indésirable. Si vous souhaitez faire sérieux, hé bien il va falloir vous en passer.

Actuellement, et je le déplore, car je l’aime bien aussi. C’est Lobster Two qui aurait ce mauvais rôle. Ce qui est dommage, car elle faisait des titres d’articles de blog assez sympa. La raison ? Sa trop grande popularité (il faut croire), c’est une question d’overdose visuelle.

PS : je ne suis pas spécialement d’accord, j’aime bien ces polices, mais c’est la vie. Après tout, certains habitués vous conseilleront de fuir Time New Roman pour les mêmes raisons (banalité) alors que c’est la police de base que l’on vous réclamera quasi partout.

Choisir sa police sur Google fonts

Il n’y a pas de secret, pour dénicher la police idéale il faudra y accorder un peu de temps, tester, revenir sur votre choix et chercher autre chose. À moins d’avoir la chance de tomber dessus de suite. 

Voici la page de Google fonts :

Pour affiner vos recherches, vous pouvez utiliser le filtre sur la droite.

C’est bien gentil, mais que signifient ces termes ?

Sérif : Rien à voir avec un western, ce sont les polices de caractères avec empattement. Vous savez, lorsque vous avez le a posé sur sa petite boucle ?

Sans-sérif : polices sans empattement, on les appellent également polices à bâtons.

Display : ce sont des polices un peu plus originales, destinées à l’affichage. Elles peuvent s’avérer très bien pour vos titres, généralement à éviter pour le texte.

Handwritting : ce sont les polices qui donnent l’impression d’avoir été écrite à la main. Même remarque.

Monospace : ce sont les polices à largeur (chasse) fixe.

Sorting : tri selon la tendance, la popularité, les dernières ajoutées ou par ordre alphabétique. Vous aurez compris.

Language : tri sur une langue ou un alphabet particuliers.

Vous pourrez ensuite choisir sur le Number of styles ou nombre de styles proposés. Certaines polices ne disposent que du style Regular (par défaut), les styles gras et italique étant générés automatiquement, le rendu n’est pas toujours au top.

Thickness : l’épaisseur, si vous cherchez une police épaisse pour vos titres par exemple.

Slant : Le degré d’inclinaison, si vous ne cherchez que parmi des écritures penchées.

Width : Et enfin la largeur si vous souhaitez une police comprimée ou au contraire, large.

Vérifier ce que donne la police avec votre titre

Cliquez sur le petit texte de présentation de la première police (par exemple), entrez votre titre ou un morceau texte représentatif. Puis cliquez sur APPLY TO ALL FONT.

Vous pourrez juger plus aisément du rendu (espacement, majuscules, etc.). Et également si la police dispose des accents et autres caractères spéciaux attendus.

Mais rien ne vaut une vérification avec le texte lui-même.

Votre police doit être lisible. Tout le temps, même si ce n’est qu’un titre. Si si. 

En général, l’on conseille les polices à empattement (sérif) pour le texte d’un roman au format papier. Personnellement, s’il s’agit d’un roman de science-fiction, je serai tentée à lui donner un côté plus moderne et donc sans-sérif.

Tandis qu’il est recommandé un texte sans empâtement pour un format numérique (comme pour un site web d’ailleurs).

Par contre, si vous souhaitez un texte plus accessible aux personnes souffrant de dyslexie, préférez les polices à bâton (sans sérif).

Et gare aux chiffres !

Pour les chapitres essentiellement (quoique), sachez que les chiffres peuvent être Elzéviriens (à vos souhaits !) ou Didot. Ces premiers ne sont pas forcément alignés de la même façon et certains caractères numériques peuvent être décalés. Si cette originalité fait partie de votre souhait, tout va bien.

Sur la capture d’écran, le décalage est très léger pour l’exemple de gauche, mais il arrive qu’il soit plus flagrant.

A contrario, vous aurez compris que les chiffres Didot sont sagement alignés comme sur l’exemple de droite.

Télécharger et installer une police

Lorsque vous pensez avoir trouvé votre bonheur, cliquez sur le signe plus en rouge en haut à droite de la police.

Ensuite, ouvrez le panneau apparu en bas de page.

Ce panneau vous indique comment utiliser cette police pour votre site web (ou votre blog) ou de la télécharger afin de l’utiliser dans vos logiciels (elle sera disponible ensuite sous Word, Photoshop,… enfin tout ce qui utilise les polices système). Cliquez sur le symbole de téléchargement en haut à droite du panneau.

Décompressez le fichier zip et double cliquez sur le fichier police à l’intérieur pour l’installer. Certaines polices ne vous proposeront qu’un fichier (Regular, en général), d’autre une flopée. Installez ce qui vous convient en cliquant sur le bouton Installer.

Il existe plusieurs formats de police, vous aurez le plus souvent droit à TTF (True Type Font) ou OTF (Open Type Font). En général, le format importera peu, mais OTF est susceptible de contenir plus de caractères bonus comme les ligatures, les petites capitales ou d’autres caractères accentués (et encore ce n’est pas sur).

Il existe aussi les formats PFM et PFB (PostScript) qui sont des polices de qualité destinées aux pros de l’imprimerie.

Utiliser les polices sous Word : les styles

Peut-être (sans doute même !) connaissez-vous les styles sous Word. Sinon, cela va vous sauver la vie. Si si !

Imaginez, vous avez rédigé votre roman et vient le moment de la mise en page, de la touche finale, de choix d’une police classe, sobre, belle, qui claque sa maman. Aille, faut tout modifier !

Disons que si vous n’avez pas utilisé les Styles, vous allez vous retrouver avec des kilomètres de sélectionner, modifier.

Les styles, c’est ça (dans le ruban sous le Menu > Accueil) :

Il en existe par défaut, et vous pouvez en créer aussi. Afin de ne pas vous éparpiller et surtout anticiper la création d’un eBook, n’allez pas en créer des tas.

Vous aurez besoin, en général de :

Titre : le grand titre en page de garde de votre livre.

Titre 1 : les titres de vos chapitres. Important si vous utilisez certains logiciels comme Calibre. Vos chapitres doivent toujours être sous le style Titre 1.

À consulter éventuellement : 

Titre 2 (éventuellement). Personnellement, je m’en sers pour les titres secondaires qui ne doivent pas figurer dans la table des matières.

Normal : votre texte. The gros morceau.

Éventuellement, un style pour les citations. Bien que vous puissiez les aligner à la main et les mettre en italique, tout ça tout ça.

À quoi servent les Styles sous Word ?

À la mise en page, mais mieux encore, à automatiser les modifications.

Si vous avez tout écrit en Time new Roman et que lors de la lecture de ce merveilleux article (désolée :p) vous souhaitez utiliser une nouvelle police, cliquez droit sur le Style Normal et vous aurez accès à un panneau vous permettant de définir l’aspect du texte. Pas seulement la police, mais aussi sa taille, sa couleur, les marges. De tout quoi.

Et tout texte qui a été défini en Normal sera modifié. Comme ça, d’un coup, c’est magique.

J’espère que ce petit article vous aura plu.

Je vous souhaite bon courage dans vos recherches.

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