Eden Snow
Alexandra Daddario

Andrew Patterson
Alexander Vlahos

Mini contexte

Ere victorienne, steampunk. Grâce à ses connaissances en horlogerie, Eden devient la « muse » d’un futur jeune auteur de science-fiction. Tout deux se rendant compte d’une affection sincère et réciproque mais malgré cela Andrew tourmenté ne se considère pas digne de la jeune femme. Lui déclarant qu’il ne la mérite pas.

(J’avoue, j’ai versé une larme en rédigeant cette déclaration ^^’ )

Il se lève durant mon discours et je ne puis plus suivre son regard, y déceler ce qui aurait pu me freiner dans mes questions ou au contraire en encourager d’autres. Je le remercie et retrouve un léger sourire lorsqu’il m’assure qu’il ne pourrait s’empêcher de venir me voir. S’il savait à quel point ces simples mots pouvaient me rassurer. Surtout ne plus jamais entendre de sa bouche qu’il en serait autrement…

Mais mes questions sont posées et je l’écoute donc, dans une quasi impatience mais également soucieuse de ce que je risque d’entendre. De nouveau, il m’octroie la faveur d’un petit baiser, ce genre d’attention qui pourtant ne devrait laisser aucun doute. Je relève la tête vers lui et lui sourit, le genre de sourire gêné par manque d’habitude mais sincère mais ne l’interrompt pas. Je veux juste qu’il se rende compte que son geste me touche.

– Ne vous excusez pas, je vous en prie. Moi même, je… mais vous avez raison, ne revenons pas plus la dessus.

A quoi bon remuer ces difficiles moments encore et encore, il est vrai. Je crois avoir compris qu’il regrettait ses mots autant que moi je les avaient regrettés et qu’il en avait souffert. Une fois de plus, je ne peux capter ses yeux mais il garde un contact de la main sur mon épaule, douce sensation. Andrew si vous saviez, ces gestes qui auraient pu être si innocents dans d’autres circonstances, ou tout juste amicaux me font l’effet d’une drogue. Et vous jouez de plus en plus avec mes émotions. J’inspire plus profondément, en silence, souhaitant je ne sais quoi, un tendre élan sans doute, contempler son visage et je tente de me relever mais son autre main, sans brusquerie m’en dissuade.

Il s‘éloigne, désirant continuer et c’est immobile que je demeure attentive à l’évocation du prénom John. Ce qu’il m’annonce me bouleverse. Me serais-je douté un instant de cela que je me serais abstenue de lui demander. Songeant plus à un fidèle ami, un parent oui peut être mais en aucun cas un être aussi proche de lui et qu’il aurait perdu. Cependant je n’arrive pas à saisir pourquoi il se dénigre encore et refuse encore mon attention. En quoi ne le mériterait-il pas ? Au contraire. Ou est-ce moi qui, maintenant que je lui accorde tant d’attention, je ne puis songer autrement.

J’ai envie de m’excuser, pour lui avoir fait réveiller cette douleur, me mordant les lèvres à la place. Comment trouver les mots capable de consoler telle chose ? Je voudrait tant mais je suis perdue.

J’aurais peut être du en rester la et ne rien éveiller de la sorte, laisser nos esprits et nos nerfs se calmer et revenir sur ces interrogations une fois que les choses se seraient apaisées. A ceci près que non, ce fut plus fort que moi, c’était comme une boule d’incertitude voulant sortir, exploser une bonne fois pour toute. Impatiente ? Curieuse ? Craintive à l’idée de me fourvoyer depuis le début de cette journée, de ne pas saisir le sens de tout ce qui arrive ? Cela semble être si évident lorsque l’on lit ce genre de chose dans les romans. Un homme, une femme, ils s’aiment et tout va pour le mieux. Mais non, au contraire, leurs sentiments sont mis à discrétion, les plongeants dans des situations dont ils auraient parfois bien préféré éviter. Eviter les malentendus, les quiproquos.

Lisant cela, je refermais bien souvent le livre, pestant contre ces non-dits pesants alors que tout était si simple au final. Ce devait être pour cela que ce genre de roman ne faisaient partie de mes lectures que parce qu’une amie l’ayant lu m’avait demandé mon avis. Ils s’aimaient et simplement ça aurait du être suffisant et les mener droit au bonheur. Tout se dire et convoler vers des jours heureux, sans tergiversations. Hé bien, je me rend compte que la réalité en est ainsi au final. Que non, il n’est pas simple de juste avouer, rien qu’avouer ce que l’on ressent. Parce que simplement, dans la vie il y a cette peur de rater son entrée, d’avoir agis trop prestement ou au contraire trop tard, de ne pas avoir choisi les mots exacts au bon moment. En quelque mot, de laisser passer le bonheur sous le nez.

Je ne me suis jamais considérée comme quelqu’un de romantique, mais quelqu’un de logique, cartésien. Mis a part pour ma famille et quelques amitiés, mon coeur ne s’est jamais trop imposé, ni même tourmenté. Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il se libère. Depuis qu’Andrew est apparu, il s’est comme.. réveillé. Ou alors attendait-il son heure et celui qui saurait le toucher. Alors lorsqu’il se dénigre encore ainsi, l’âme en peine, j’ai juste envie de…

Je me lève, peut être un peu rapidement et me dirige vers la porte du salon. Peut être pensera t-il que le fuis suite à ses paroles mais je me hâte, ne lui laissant pas l’opportunité d’y songer et de s’en inquiéter trop longtemps. Je suis sans doute incapable à cet instant précis de trouver la bonne parole, celle qui se fera la consolatrice idéale. Existe t-elle seulement. Je ferme les battants, voulant préserver ce moment, celui dans lequel je l’ai plongé malgré moi, un moment d’intimité je vous prie, j’espère que tous comprendront. Je me retourne et l’observe puis m’avance vers lui. Son émotion me transperce un peu plus à chaque pas. J’espère ne pas avoir été trop brusque lorsque j’en viens à me serrer contre lui, le long de son dos. Mes bras passant autour de sa taille. Bien qu’il soit ma drogue, il n’est pas question de ces sensations pour l’instant mais je veux qu’il sache… mieux… qu’il ressente réellement combien je souhaite être son soutient, qu’il cesse enfin d’en douter, de se poser toutes ces questions sur le mérite ou non.

Je le serre peut être un peu plus au fil des secondes. Quelle attitude déplacée pour une jeune fille, mais a cet instant sincèrement qui s’en soucie dans cette pièce ?

Mais je ne souhaite pas rester sur ce lourd silence et laisser encore la place aux non-dits. Eden soit franche comme tu l’as toujours été. S’il y a bien une personne au monde, quelque part, avec qui il te faut être toi même, ne plus rien cacher, cette personne, tu la tiens entre tes bras à cet instant même.

– Andrew… Je vous en prie, ne dites plus jamais que je ne vous mérite pas. Je ne sais pourquoi, vous semblez me juger si parfaite et ne souhaitez pas que j’en dise le contraire. Pourtant il vous faudra bien vous faire à l’idée. Pourquoi penser cela ? Parce que vous m’avez vue sous mon meilleur jour à l’atelier, la ou je me sens si… moi-même. Mais mettez moi dans d’autres situations et vous verrez vite qu’il en est tout autre. Voyez aujourd’hui par exemple, comme j’ai fuis cette situation, la laissant sur les bras de ceux que je quittais et comment vous… vous vous êtes au contraire lancé dans sa résolution, risquant de vous mettre dans l’embarras. Non je ne suis pas parfaite Andrew et pire que cela, c’est moi qui ne suis pas faite pour vous. Selon les conventions, votre rang, votre nom. Une simple horlogère et un élégant noble, vous voyez le tableau… Et pourtant je me surprend à y songer, à le souhaiter plus que tout oui… mais au lieu de cela je vous parle d’amitié. Pardon de vous mentir, je ne le ferai plus désormais car ce n’est pas que cela que je souhaite, c’est bien plus. C’est tout à la fois, votre confidente, votre amie, votre dame de coeur. Même si l’équation ne peut être qu’inexacte, quelle ironie pour quelqu’un se voulant connaisseuse en science, laissez moi devenir une autre moitié de vous. Mais si vos hésitations ne sont que le reflets de vos doutes, si au fond vous ne voulez pas de moi de cette manière alors qu’il en soit ainsi. J’accepterai ce que vous voudrez, muse, amie, simple connaissance. Mais dans l’instant, vous me posez cette question, si je le souhaite, et je vous répond une fois encore. Oui.

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