Dr Alexander Gray
Alexander Vlahos

Mini contexte

Alexander participe à une expérience originale, demeurer une année dans une ville autonome et coupée du monde afin d’y vivre de manière optimum.

Etant médecin urgentiste et précédemment considéré comme la bête noire de son service, on comprend subitement pourquoi.

Premiers jours dans ce nouvel établissement. Pas beaucoup de visites, du temps libre. C’est déroutant. En même temps, de voir débarquer la moitié de la population dès les premiers jours aurait été plus qu’inquiétant. A moins d’une épidémie ou d’une intoxication alimentaire générale, c’était du domaine de l’improbable.

J’étais cependant curieux de voir ce que cela donnerait avec tout ce beau petit monde à l’action si un jour ce genre de chose devait se produire, la cohue aux arrivées, le stress, les civières qui s’entassent jusque dans les couloirs par manque de place, les malades débordants  de la salle d’attente, ceux qui gueulent, qui s’énervent, ceux qui râlent ou se plaignent C’est la qu’on voyait qui en avait dans le ventre. Mais je n’en n’étais pas arrivé à souhaiter sincèrement que cela se produise. J’étais juste curieux.

La petite infirmière pressée qui m’avait bousculé dans les couloirs de l’autre jour tapait la discut’ avec la réceptionniste, celle qui prend l’entrée des urgences pour une entrée de gare. En même temps, il n’y avait pas foule, encore moins mort d’homme. Mais j’entendais le contenu ô combien intéressant jusque dans mon bureau tant il faisait calme.

Je vins donc sur le pas de la porte, mains dans les poches à m’adosser contre le chambrant. Quitte à entendre, autant écouter. J’arrivais juste à temps, cela parlait de torse musclé, d’un certain colocataire et de ses yeux divinement noisettes. Et il dormait sur le divan aussi ?

Au bout d’un moment, je toussotais, marquant ma présence. La réceptionniste stoppa net et se remit subitement à sa place. Il faut dire qu’au final, je n’avais pu m’empêcher de lui faire quelques remarques. Les bases étaient donc posées, j’étais redevenu le tortionnaire.

L’infirmière, plutôt petite, assez fine et au physique de poupée Barbie tombée de sa boite ne semblait pas encore me craindre par contre. Elle s’avança, tortillant plus des fesses que marchant normalement et se planta devant moi avec son large sourire façon colgate. Elle semblait attendre que je parle le premier. Au bout de trente longues secondes, je craquais.

– Oui ? Fis-je en expirant bruyamment du nez.

– Je voulais savoir docteur, vous êtes médecin depuis longtemps ? Vous avez l’air tellement jeune.

On allait me poser cette question à chaque fois ? Sérieusement ? Oui, je sais que j’ai l’air d’un gars de quoi… 20 ou 22 ans. C’est bon maintenant.

– Et vous ? Cela fait longtemps que vous travaillez en section tourisme ?

Son sourire s’effaça, elle haussa les épaules de manière offusquée et tourna les talons sans insister.

Et de deux.

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