Un univers fictif (ou serait-ce une dystopie, cela demeure flou) aux accents steampunk dans une sorte de 19ème siècle parallèle. Découvrez (un jour) Venizia, la cité-île régie par les douze Sages… pas si sages que l’on pourrait croire.

Douter, c’est faire un pas vers la vérité.

Iléna vit à Venizia. Une cité-île hors du temps située dans une sorte de dix-neuvième siècle parallèle. Sa vie est sur le point de changer. Non seulement, son père est promu au rang très convoité de membre du Conseil des Anciens tandis qu’elle assiste à son premier bal du cycle solaire. Celui ou bien des jeunes filles avant elle  y ont rencontré leur futur époux.

Mais son cavalier n’est autre qu’un ténébreux jeune homme, Caleb. Visiblement recherché pour trahison. En quelques minutes, il fera basculer sa vie emplie de certitude vers le doute. Soupçonnée de complicité, elle ne pourra faire autrement que de le suivre et découvrir avec lui ce qui se trame vraiment à Venizia.

A l’heure actuelle, Venizia ne comporte pas un seul, mais huit secrets. J’espère vous les faire découvrir un jour 🙂

En attendant, le prologue :

Venizia, 1860.

Une première explosion se fit entendre tout à l’est de la cité, à proximité de ses pêcheries. La nuit sans lune et tapissée d’épais nuages était aussi noire que de l’encre. Aussi noire que le manteau de celui qui avait allumé une seconde mèche rattachée à deux barils de poudre. La première n’ayant arraché que la partie arrière d’un vaste hangar.

Il fallait agir vite. L’homme recula et se positionna aux côtés d’un jeune garçon se tenant les oreilles des deux mains. L’une d’elles, gravement blessée était couverte d‘un pansement de fortune. Accroupi derrière un demi-mur de brique où séchaient les filets, il l’imita tout en comptant à rebours.

Si le premier choc sonore n’avait fait que tirer hors du lit une bonne portion de l’île, le second les terrorisa. Faisant trembler le mobilier et tomber la vaisselle pour les plus proches. Ce n’était pas l’orage. Et nul ici n’avait jamais ressenti ce genre de déflagration de sa vie.

— Allons-y ! tonna l’homme tout se relevant.

C’était un succès. La porte du bâtiment sur pilotis avait volé en éclat. Offrant à sa vue, celle de son fils ainsi que des personnes les accompagnants, la forme sombre d’un bateau à voile vacillant sur l’écume de la lagune. Aussi haut qu’un immeuble et large comme la place du marché aux poissons. Tous se figèrent, impressionnés pour certains. Soulagés de le revoir pour d’autres. Le vent s’engouffra par le mur arrière précédemment détruit, poussant l’embarcation. Après des mois de captivité, il devait s’impatienter de rejoindre enfin les mers.

Il était fait de bois et de métal. À l’avant, la statue d’une femme à la queue de poisson se tenait bras tendu, le doigt pointé vers l’horizon. Il fut malheureusement stoppé lorsque la longueur de chaîne de son ancre se trouva tendue.

— Où iront-nous père ? demanda l’enfant alors que tous se jetèrent sur le navire, lançant des grappins afin de s’y hisser.

— Là où cette sirène nous dit d’aller. Vers le sud-est. C’est notre seule chance. Notre vie va changer Caleb. Nous ne serons plus des gens de bien pour les habitants de Venizia, nous nous apprêtons à devenir des pirates. Mais des pirates en quête de vérité.

L’homme semblait fatigué et pourtant, il prit son fils et le porta sur ses épaules avant de rejoindre les autres et le positionner sur le dos large de l’un des hommes prêts à grimper. Un dernier regard vers la ville tout à fait éveillée cette fois, les fenêtres s’éclairant de bougies et de lampes à huile les unes après les autres. Vers le bruit des soldats accourant vers eux, hallebardes en avant. Il y laissait la stèle d’une tendre épouse cruellement arrachée, une carrière exemplaire, un avenir prometteur. Mais surtout une vie faite d’illusions et de mensonges. Si aujourd’hui, il avait trahi son serment envers les Sages, ce n’était pas pour lui. Mais pour Caleb, son petit. Ainsi que les générations à venir.

Ils devaient savoir.

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