Ah les bad-boys ! Je pourrais illustrer cet article d’une myriade de photos de jeunes hommes plus ou moins tatoués, musclés, dénudés. Au regard de braise, à l’air fâché de celui à qui l’on aurait volé sa tartine à midi. Ce bad-boy qui au fond à un grand cœur, est torturé par un passé sombre et que l’héroïne, par amuuur, fera changer pour une sorte de beau prince charmant. Mais toujours un peu ténébreux le prince. Non non, je ne me moque pas, je résume.

Les bad-boys existent depuis… pfiou ! L’antiquité ? Bah oui, Gwydion de La muse de Callidromos est un bad-boy gladiateur déjà. Bon heu stop la pub.

Mais au moins vous savez que je ne suis pas contre.

Un bel exemple de littérature classique : Heathcliff de Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights) d’Emily Brontë publié en 1847. Ce personnage est à la fois charismatique, ténébreux, torturé et amoureux. Trop même, l’histoire se termine tristement.

Darcy d’Orgueil et préjugés de Jane Austen, 1813. Plus froid, tu meurs. Plus charismatique, c’est moi qui meurs.

— Vous dansez, monsieur Darcy ?

— Pas si je peux y échapper. (ah que j’adore cette réplique)*

 

Ils ont l’air effrayants, mais sont de gros nounours. Ou alors ils sont réellement dangereux, mais pas avec l’héroïne m’voyez. Non, il ne lui fera jamais de mal à elle (quoi que pas toujours dans la Dark romance, cela dépend). Bref, le bad-boy est un peu idéalisé et c’est bien au fond, car pour moi la littérature doit me faire rêver et ce n’est pas avec un vrai bad-boy réaliste qu’elle le fera.

Mais pourquoi on les z’aiment ?

Parce qu’ils dégagent une aura de mystère et que c’est bien connu, le mystère est attirant. Il a une saveur d’interdit et l’interdit excite (parfois).

Parce que le beau ténébreux capable de défendre sa belle en assommant les méchants d’un seul petit doigt doit certainement être plus fougueux au lit que le petit intello rencontré la semaine dernière sur Meetic (là j’dis, vous risqueriez d’être étonnée tout de même, mais passons).

Le côté sûr de lui également apaise et tend à faire croire à la sécurité. Il ne faut pas omettre que bien que nous vivons désormais au sein d‘une culture dite civilisée, pas mal de sentiments instinctifs demeurent en nous. En remontant loin, on peut se souvenir que la femme était prioritairement assignée à s’occuper du foyer et des enfants, l’homme à chercher de la nourriture. Parce que, physiquement, elle était moins préparée à la chasse et aux combats (bah oui, c’est comme ça). C’était à l’homme de défendre. Et donc s’épancher sur un mec qui aura tout du mâle capable de protéger sa petite tribu, un vrai un tatoué qui a pas peur ça fait pas très féministe, mais ça remonte à loin, c’est dans nos gènes. On aura beau dire, ça peut jouer.

Ou tout à fait autre chose, plus moderne cette fois. Est-ce notre côté releveuse de défit qui nous pousse. Encore une fois le « par amour, il changera ». C’est un peu comme le fantasme du jeune et beau prêtre que l’on rêve de convertir… pardon, de pervertir plutôt.

D’autres études sur la question parlent de l’enfance. Et là, c’est un peu tout et tout (non non pas d’erreur de mot). Une enfance où il aura fallu se battre pour attirer l’attention des proches et leur amour, une fois adulte (ou presque), ce sont les garçons les plus improbables qui attirent, les bad-boys au cœur inaccessible. Au contraire, une enfance trop dorée, trop guimauve, trop chiante disons-le et la demoiselle voudra enfin prendre part au danger, ressentir des sensations fortes.

Une relation toxique a quelque chose de grisant en théorie, parce que l’on pense se dépasser, aller de l’avant. Dans les romans, il y a une évolution, souvent vers la création d’un personnage plus fort (mentalement), mais sachez que dans la réalité, c’est souvent l’inverse, on en ressort méfiante, brisée, déprimée. Gaffe donc.

Avis uniquement personnel.

La séduction selon Mister Bad-boy

Ou ce qu’il faut savoir pour construire son vilain petit canaillou irrésistible à soi. À prendre avec une bonne dose d’humour.

Il est… inaccessible. Et la pauvre héroïne ne voudra qu’une chose forcément : lui. Même si elle se débat avec ses pulsions, c’est pire que le merveilleux à la crème derrière la vitrine du pâtissier durant la semaine de régime, il le lui faut. Et plus il ne voudra pas, plus elle voudra. D’ailleurs n’y a-t-il pas de ces passages où il conseille à la belle de ne pas le fréquenter.

Et si c’était moi le monstre, Bella ?

Twilight Tome 1
(Ah merde ! Edward est un bad-boy !)*

Il s’est… gouré de route. Non pas sur sa Harley de la mort. Non il a fait fausse route, il s‘est engagé dans une vie qui n’aurait pas dû être la sienne. Et la seule, l’unique personne capable de l’en sortir (et le rendre heureux), c’est l’héroïne. Et même s’il gaffe à longueur de temps, c’est pas si grave, on va y arriver. Allez au taf ma puce, c’est pas gagné, ça va prendre 400 pages.

Il a… des tatouages. Oui, ils en ont tous. Moi perso, les miens n’en ont pas (ou peu). Sans doute parce que je ne fais pas de fixation là-dessus. Je ne sais pas pourquoi. Ou alors si, dans ma région les tatouages sont souvent faits par les potes avec de l’encre BIC ou je sais pas quoi, ils sont si moches qu’il n’attisent vraiment pas l’intérêt. Ça doit être ça. Mais bref, se faire tatouer, ça fait mal, il aime avoir mal, pourquoi ne pas l’épouser alors ? Ah non, ce ne doit pas être ça. Un peu plus sérieusement, les tatouages racontent des choses, généralement on ne se fixe pas une image ou symbole, des mots sur la peau pour toujours pour rien. Cela se reporte au côté mystérieux.

Il a… des secrets. Pas toujours sexy les secrets. Je sais pas vous, mais avoir été battu dans l’enfance n’a rien de sensuel. Mais passons. Le côté je vais te câliner, te faire tout oublier, raconte moi tout. Une sorte d’instinct maternel ?

Ils sont… souvent beaux. Non sérieux, si le bad-boy est laid, ce n’est pas le héros, c’est le vilain.

Ils ont… un look de feu de Dieu. La veste en cuir usé, la chemise ouverte, le débardeur moulant (trop petit ?) tendus par les muscles. Un peu genre, j’ai pas fait attention à mes fringues ce matin, ce sont de vieux trucs (mais sexy quand même). Le bad-boy a une barbe de trois jours nette et précise pour laquelle il faudrait utiliser un rasoir à lame courte spécial pour la tailler, mais ne s’entretient pas. Il se lave tout de même (sinon je ne vous explique pas l’histoire au moment où viennent les rapports torrides). Penché vers l’avant sous la douche, les mains posées à plat à côté des robinets. LA posture bad-boy (moi je l’appelle la douche à la Brad Pitt). Je vous aurais bien posté une photo, mais les droits d’auteurs, vous savez…

Ils ont… confiance en eux. On revient à ce qui a été dit plus haut. Oui, ils assurent. Et l’assurance, ça plait. Ce sont des leaders, des mâles alpha en puissance, des chefs d’entreprise (ou de gang plutôt).

Bref, tout ça pour dire qu’aimer ce genre de littérature, il n’y aucun mal (mais vraiment aucun du tout) à cela, mais qu’il faut toujours mettre une marge (malheureusement) avec la réalité. Un peu comme les séries historiques qui s’offrent des largesses scénaristiques. Non la France n’était pas en guerre contre l’Espagne, mais contre l’Angleterre messieurs les mousquetaires de la BBC. Mais on vous aime quand même.

Citations faites de tête, elles peuvent être approximatives.

Allez, je vous en met une pour terminer. Et vu ce qui s’annonce, sachez que la photo provient du site pixabay (libre de droit et tout).

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