L’italique, c’est lorsque votre texte penche vers la droite. N’allez pas y trouver de consonance politique cachée là-dedans, tout cela n’est qu’affaire de typographie. Par opposition, un texte non italique se dit « romain ». C’est bien mignon tout ça, mais quand doit-on employer l’italique pour bien faire les choses ?

Dans le cadre d’un roman, l’italique marque les pensées. Utilisé dans un texte écrit à la première personne par exemple, il démarque bien le côté narratif et le monologue interne du personnage. Mais pas seulement…

Ohlala, non.

Mais non, j’ai dit italique pas Italie ! Bon bah tant pis.

D’où vient l’italique ?

Des imprimeurs. Oui, mais encore ?

Inventée en 1499 par Francesco Griffo à la demande d’un imprimeur vénitien souhaitant réduire la taille des livres et ainsi en faciliter l’accès aux étudiants. L’italique se nomma alors lettres vénitiennes puis fut renommé selon leur pays d’origine, l’Italie (oui parce que dans le passé, on disait les peuples italiques, ce sont donc des lettres italiennes).

Leur utilisation ne se généralisera que plus tard.

Quand l’employer ?

  • L’italique en littérature sert à capter l’attention du lecteur sur un mot ou une phrase (emphase).

— Nous, insistai-je sur ce mot. Nous en avons hérité. Je suis votre femme, ne l’oubliez pas.
(Extrait de La fiancée de Gravesend)

  • On écrira également en italique tout ce qui n’est pas issu de l’auteur, les citations par exemple. Mais également la préface si elle est rédigée par autrui ainsi que les notes de l’éditeur.
  • Les dédicaces sont à faire en italiques. Ainsi que les sous-titres et les citations situées en début de chapitre (seulement celles-là).
  • Lors de l’écriture d’un nom d’œuvre (littérature ou art en général), de magazine, journal, émission de télévision, film, pièce de théâtre, etc. Exception pour les livres sacrés.

— Je suis allée voir Roméo et Juliette au théâtre.

— Je dois avoir la Bible de Gutenberg quelque part dans ma bibliothèque.

  • Le nom d’un bateau, avion ou tout autre véhicule (le nom propre), mais pas la marque.

Le Titanic, le France. Une Renault Clio sport.

Une formation de X-Wing s’élança contre les vaisseaux de l’Empire.

  • Des noms de créations en tout genre, mais pas un nom de produit.

Qui a encore bu tout le Coca-Cola ?

Je porte du Channel numéro 5.

  • Pour distinguer un nom usuel au milieu de tous ses patronymes.

Louis-Charles-Alfred de Musset.

  • Les textes en langue étrangère, y compris l’argot, les néologismes et les régionalismes. Par contre, on n’écrit pas en italique les mots étrangers francisés.

J’ai enfin envoyé mon curriculum vitae (on dira C.V. pour faire plus court, mais c’est pour l’exemple).

Hey ! Biloute ! (régionalisme ayant sa source dans les Hauts-de-France).

  • Exception, les mots sic, bis, ter, quater… qui résistent encore et toujours (et s’écrivent penchés).
  • Les termes scientifiques, les genres et espèces en botanique et zoologie.

La giroflée (Erysimum cheiri) fait partie de la famille des Brassicaceae.

  • Aux mots ou caractères qui se désignent eux-mêmes (les autonymes). Cela permet d’éviter des confusions parfois.

Mettre les points sur les i.

  • Aux notes de musique. Do, ré, mi, fa, sol, la, si et ut s’écrivent en italique. Notez également que d’énoncer une œuvre classique se fait en italique.

J’aime et j’écoute l’Adagio en sol mineur d’Albinoni interprété par Hauser.

Par contre, les citations, dictons, proverbes et maximes sont écrits entre guillemets, mais pas en italique. Car dans le corps de ces textes peuvent se trouver des mots à mettre en avant. Sauf s’ils sont en langues étrangères comme dit plus haut.

Dans ce genre de cas (et rien que pour compliquer un peu les choses), dans un texte complètement en italique donc, on usera des lettres romaines à la place. Sauf pour l’exemple des notes au-dessus, le sol reste en italique.

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