Passion dans l’espace, chapitre 11

J’avais fait tout ce qu’il m’avait demandé, allait-il me relâcher à présent ? Honorerait-il sa promesse, je croisai les doigts. Mais pour l’instant, je n’avais plus la force de m’habiller, je me sentais si bien. Les fourrures disposées sur ce lit caressaient ma peau, j’en avais la chair de poule. Je ressentais encore les effets de ses mains, de sa langue. Je n’avais plus envie de repartir finalement.

Mais doucement la réalité revint m’envelopper. J’étais dans la chambre d’un capitaine pirate, celui-là même qui menait en ce moment des dizaines de personnes vers un destin sordide d’esclaves, en bas, dans ses cales.

Il réapparut au bout de deux longues heures et se coucha près de moi.

— Allez-vous me relâcher à présent ?

— C’est ce qui était convenu non ? Tu es libre. Si tu le souhaites encore, je te ferai débarquer sur la Cinquième lune et tu pourras revoir ton père.

— Vous ne lui en voulez plus ?

— Je le détesterai toute ma vie, mais… désormais, je peux dire que j’en ai retiré un avantage certain.

Je n’étais pas vraiment heureuse qu’il ne me voie que comme un moyen d’exercer sa vengeance, mais il n’en avait jamais été autrement. Je me levai, il ne m’en empêcha pas et m’observait alors que je me rhabillais. Et si… si je lui demandais de le refaire, encore une fois… non, quelle idée. Je ne devais pas oublier que je n’avais été qu’un jouet.

— Kara ?

Plus promptement que je n’aurais dû, je lui fis face, n’espérant qu’une chose, qu’il ne me renvoie pas immédiatement.

— Non rien.

— Vous allez vraiment me laisser partir ? Et pour les autres passagers ? Ils disent qu’ils vont être vendus, certains même parlaient de travail dans les mines, vous les vouez à l’esclavage ?

Il se mit à rire, roulant sur le dos.

— Je vois que ma réputation me précède.

Je baissai les yeux, c’était un monstre, cet homme pourtant si doux au lit n’était qu’un monstre.

— Mais elle est totalement fausse, ajouta-t-il.

— Quoi !

Il revint vers moi, s’assit au bord du lit et tendis la main. Attirée tel le papillon vers la flamme, je m’approchai. Il me bascula en travers du lit. Il se décidait. Enfin ! Ah non pas encore, il demeurait proche, me surplombant sans abuser de la situation.

— Nous avons vidé le vaisseau de ses occupants, scannés tout le monde afin de déceler d’éventuelles armes ou objets précieux puis nous les avons renvoyés vers la Sixième lune. Ton père et toute son armada pourront les récupérer sains et saufs plus tard.

— Pourtant vous êtes un pirate ! Un bandit, un assassin, un… un…, m’emportai-je.

— Je suis un voleur. Pas un assassin, pas si je peux l’éviter. J’ai libéré les prisonniers, par contre l’appareil vaut une fortune et ça, je le garde. Nous possédons une technologie capable d’immobiliser un engin de ce genre sans causer de dommages, excepté au niveau du noyau d’énergie central. Mais cela se remplace pour moins de cinq pour cent de sa valeur globale.

— Vous voulez dire que… qu’aucun mal ne leur sera fait ?

— Aucun. Je cause moins de torts à tout ce petit monde que ton propre père, sache-le. Depuis qu’il a été élu gouverneur, les taxes s’amoncellent et appauvrissent la Cinquième lune ainsi que les colonies alentour. Nous ne faisons que subsister. À notre manière.

Je comprenais subitement mieux pourquoi on comparait mon père à une ordure à bord du navire. Moi qui prenais cela pour des ragots, j’en tombais des nues.

— Je ne savais pas. Je vous croyais cruel et en fait…

— Et à présent, comment me vois-tu ?

— Comme un voleur, pas un assassin. Mais un voleur qui profitant des jeunes filles en détresse.

— Pas autant qu’il l’aurait souhaité. Et d’ailleurs le voleur veut te faire une proposition tout à fait malhonnête.

J’écarquillai les yeux, que me voulait-il donc encore ?

— Que tu restes ici, à mes côtés, et pourquoi pas, tenter d’autres expériences.

— Je dois retourner près de mon père, fis-je à regret, me redressant.

Rester avec un bandit ? Quelle idée ! Il était séduisant et m’attirait beaucoup. Je n’aurais pas refusé d’autres moments en sa compagnie, connaître plus de plaisirs, mais… non, je ne pouvais pas. On m’attendait, on avait des projets pour moi et… je soupirai, lasse.

— Avant que tu ne t’en ailles, je voudrais te montrer quelque chose.

Il se releva, s’approcha de son bureau sur lequel était incrusté un petit tableau de bord, y pianota et la baie vitrée s’illumina.

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