Passion dans l’espace, chapitre 2

L’attente fut courte et pourtant cela sembla durer des heures. L’oreille collée à la porte de ma cabine, je crus entendre des bruits, des cris, quelques éclats de voix et des… des coups de pistolets lasers ! Seigneur ! Ils attaquaient vraiment le vaisseau ? Ils étaient entrés !

Je n’eus pas le temps de me reculer, la porte fut déverrouillée et deux hommes — du moins, je supposais qu’il s’agissait d’hommes sous de larges combinaisons spatiales — m’ordonnèrent de les suivre. Ils portaient tous un symbole dont on nous avait parlé sur Terre. Mais je pensais que cela n’existait que dans les histoires. Le symbole des pirates, un crâne posé sur deux tibias croisés.

Je n’avais rien d’une héroïne, ni le courage, ni les facultés. J’obtempérai, me glissant dans la file déjà longue des passagers prisonniers. L’un de ces bandits passa un filin magnétique à mes poignets et je suivis les autres, rongée d’angoisse.

Mon père saura que faire, il va envoyer ses hommes et tout va s’arranger.

Excepté si l’on nous faisait quitter le navire ! Ce qui se faisait par salve au moyen de navettes. Je montai à bord de l’une d’elles, nous étions si nombreux que nous devions rester debout, les uns contre les autres. La peur se lisait sur les visages et faisait suer les corps. Devenu une fournaise, l’habitacle étroit empestait.

— Tiens… la fille du gouverneur est avec nous…

— Elle sera vendue comme nous tous, ricana l’un de ces hommes croisés plus tôt. Terminé la vie de princesse.

— Je ne compte pas être vendu, fit son compagnon. Je préfère encore travailler pour ce pirate que de terminer dans une mine d’Illium.

— Et comment feras-tu bougre d’âne ? fit le troisième qui s’était désintéressé de mon sort.

Je tendis l’oreille, attentive.

— J’ai entendu dire que si tu jures fidélité au capitaine, il pouvait te garder à son bord. Il suffit d’exiger de lui parler et lui dire je veux vous servir corps et âme.

— Et bien moi, plutôt crever.

Je m’éloignai. Quelle horreur. Être revendus. Travailler de force dans une mine. Et quoi d’autre encore ? Je me faufilai entre les passagers jusqu’à un mince hublot, nous nous éloignions du vaisseau. De l’intérieur, je ne m’étais pas rendu compte, mais il était recouvert d’une substance étrange. Cela me rappelait les desserts à la gélatine que l’on nous servait sur Terre, mais en plus compact. La navette changea de trajectoire et je le perdis de vue. Sous mes yeux se dressait désormais un autre navire, long et noir. Il disposait de canons apparents de chaque côté, il était immense et lugubre. C’était là que l’on nous emmenait.

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