Passion dans l’espace, chapitre 3

Nous fûmes déchargés dans un immense hangar. Autour de nous, d’autres navettes et véhicules de différentes origines. Sans doute dérobés eux aussi. Il y en avait tant que cela ressemblait à un musée. Ou à un cimetière de métal. L’on sépara les hommes des femmes, nous alignant sur deux larges rangées. Je fus happée dans la cohue, bousculée de toute part et avançai finalement à petits pas. Devant, des pirates passaient les prisonniers au scanner manuel les uns après les autres avant de les pousser vers le fond. Lorsque ce fut mon tour, je me reculai.

— Je veux voir votre… votre capitaine, fis-je avec tout l’aplomb dont j’étais capable.

Il m’observa puis partit d’un fou rire comme j’en avais rarement entendu, accompagné par ses amis. Qu’avais-je dit de si drôle ?

— Vous entendez ça les gars ? lança-t-il vers les autres. La demoiselle veut parler au capitaine.

— J’ai le droit de parler au capitaine, insistai-je.

— Sur ce navire, tu n’as aucun droit ma jolie, avance sans discuter.

Il leva son appareil vers moi lorsque l’un des autres gars le retint.

— Attend. Après tout… elle est plutôt mignonne et le capitaine est assez sur les nerfs en ce moment. Peut être que…

— Peut-être, mais j’en prendrai pas la responsabilité.

— Moi, je la prends. Toi, suis-moi, me fit-il.

Je n’osai y croire, alors il acceptait que je parle à leur chef ! Je n’avais qu’à prononcer les mots justes et il m’embaucherait. Comme cuisinière ou femme de ménage, qu’importe, le temps que mon père se charge de le mettre aux arrêts.

Je me détachai du lot et le suivis, il me fit monter par une petite plateforme jusqu’à l’étage supérieur puis longer un couloir, traverser une salle emplie de caisses puis un autre couloir et encore un autre. J’avais l’impression de parcourir le navire entier. Enfin, il stoppa.

— C’est la cabine du capitaine.

Lui aussi portait un scanner, il le passa rapidement tout autour de moi et vérifia les données indiquées.

— Aucune arme ni contenant d’aucune sorte sur toi ni en toi. Très bien, tu peux y aller. Bonne chance.

— Heu… merci.

La porte s’ouvrit, je m’avançai, étonnée de voir à quel point le décor ici était différent. L’on aurait dit le bureau de mon père, il y a longtemps lorsque j’étais encore petite fille. Et il y régnait un désordre monstrueux. Des étagères tapissaient les murs, remplies de livres et de bibelots, une vraie caverne aux merveilles. Une fausse cheminée affichait une lueur semblable aux flammes d’un bon feu à l’ancienne en trois dimensions. Il y faisait sombre. La baie transparente donnait sur l’espace et ses myriades d’étoiles, le spectacle était magnifique. Face à lui, le bureau imposant ainsi qu’un fauteuil dans lequel se trouvait quelqu’un me tournant le dos. Ce devait être ce fameux capitaine. Je ne vis de lui que sa main tenant un verre à demi rempli d’une liqueur de couleur ambre. Lui aussi devait admirer la vue. Au bout d’une longue minute, il prit enfin la parole.

— Que veux-tu ?

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