Passion dans l’espace, chapitre 4

Je me sentais fébrile de me trouver dans l’antre du personnage le plus influent du vaisseau. Il aurait pu d’un claquement de doigts demander à ce que l’on m’exécute pour l’avoir dérangé. Je déglutis et prononçai les mots que j’avais entendus.

— Je souhaite vous servir corps et âme, capitaine.

Me faisant toujours volte-face, il pouffa de rire.

— Me servir…

Lentement son fauteuil pivota sur lui-même, il posa son verre sur le bord du bureau et répéta d’un air blasé.

— … corps et âme, acheva-t-il tout en me détaillant le menton posé dans sa main.

Seigneur ! Cet homme était aussi beau qu’intimidant et possédait des yeux d’un bleu si intense qu’ils me firent rougir. Je me sentais subitement mise à nu, il me détaillait de la tête aux pieds, un léger sourire s’était dessiné sur ses lèvres. Il était vêtu à la mode terrienne, ce devait être un humain à ne pas en douter.

Avais-je dit ce qu’il fallait pour échapper à la vente ? Où allait-il me renvoyer ? Lui-même semblait y réfléchir.

— Quel âge as-tu ? demanda-t-il après une attente interminable.

— En années terrestres, vingt-et-un ans.

— Et quel est ton nom ?

— Kara… Kara Aglan, précisai-je.

Il esquissa un sourire plus prononcé.

— Un rapport avec Bergus Aglan, gouverneur de la Cinquième lune de Calista ?

— Je suis sa fille, l’informai-je, espérant que cela jouerait en ma faveur.

Peut-être demanderait-il une rançon contre ma libération, je devais tenter ma chance.

— Magnifique. J’ignorais qu’il avait une fille. Aussi belle de surcroît. Approche.

Je fis le tour de l’imposant bureau et me figeai devant lui. De plus près, je le distinguais bien mieux. Aucun doute, il était humain et terriblement séduisant pour un capitaine pirate. Moi qui pensais me trouver face à un cyborg portant un l’œil de verre.

— Tu n’ignores pas que je suis seul maître à bord. Et que tout ce que je veux, je l’obtiens.

— Vous… vous êtes le capitaine, confirmai-je peu certaine de comprendre ou il voulait en venir.

— Bien. Et donc, chacun de mes ordres doit être exécuté, à moins de préférer que ce soit toi que l’on exécute.

— Je comprends.

— Si tu as compris, viens et agenouille-toi devant moi.

Je faillis reculer et désobéir immédiatement. M’agenouiller ? Pourquoi songeai-je sans peine que son premier ordre serait de nature sexuelle. Il était répugnant !

— Je n’ai jamais fait cela, fis-je sans mentir.

— Il y a un début à tout. J’ai un compte à régler avec ton cher père et tu es la personne idéale pour exercer ma vengeance. Maintenant… à genoux.

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