Sanky-Pany ! Chapitre 7

Sanky-Panky !

CHAPITRE 10

Ce matin-là, Alex avait hésité un moment avant de mettre une chemise. Bien qu’il s‘agissait selon lui d’un établissement correct, la tenue n’était pas vraiment exigée pour autant. Surtout sur une plage. Mais il se félicitait tout à coup d’avoir tout de même préféré en porter une même s’il l’a gardait ouverte sur un torse bien moins musclé que ceux des autres habitués des lieux. Sinon, par quoi d’autre la brute l’aurait attrapé ? Par le cou certainement. Alors, quitte à choisir, il préférait que ce soit son col.

— Je vous offre une bière les gars ? tenta-t-il un peu hypocritement.

Mais rien n’était trop beau pour éviter la casse. Que ce soit de ses verres ou de son propre nez. D’après ce qu’en disait sa mère lorsqu’il était petit déjà, il l’avait mignon, fin et de ce fait peu préparé à se prendre un coup. Autant éviter si possible. Là-dessus, il était tout à fait d’accord.

— Ne fait pas le malin, fit Brute numéro un avec cet accent local mêlé de sons anglais, ce qui faisait un drôle de mélange à l’oreille.

En gros, il valait mieux y être habitué au risque de ne rien comprendre de suite. Mais là, le message était clair. Depuis quelques mois déjà, un groupe venu d’un patelin voisin s’était formé telle une sorte de mafia locale. Voilà ce que cela donnait lorsque l’on organisait des soirées Drive-in sous le thème des affranchis et autres Parrains. Cela avait dû leur donner des idées. C’était malin !

— Du calme ! On peut discuter non ? J’ai pas ce que vous me demandez. Il me faut un peu de temps, j’ai des tas de trucs à payer et…

— Mais tu as plein des clients ici. L’argent coule à flots. Donne ta caisse !

Alex tira sur son col avec la même précaution qu’il aurait eue de tenter d’ôter son doigt de la plieuse de la laverie publique, tâchant de le soustraire de la paluche de l’individu sans accentuer les dégâts. Il s’excusa de son geste tout en réitérant et finalement, obtint gain de cause. Mais ne senti pas plus détendu pour autant.

— Je suis désolé, mais si je vous donne ma caisse, il ne me reste plus rien, j’ai besoin de liquidités moi et…

Et le type s’en ficha cordialement en fait. Plongeant son bras de l’autre côté du comptoir, il tatillonna là où il pensait se saisir du petit coffre fermé à clé détenant les précieux billets. À cet instant précis, il fallait choisir. Soit le laisser faire et risquer de se retrouver dans la mouise, soit de s’en prendre une sévère en tentant de sauver ses sous. Et son réflexe premier, tenant à la fois du désir de ne pas finir sur la paille tout en restant entier, fut d’enlever ledit coffret et de fuir avec lui à toutes jambes. Chose qu’il regretta ensuite, mais pour le coup, cela semblait être une solution acceptable.

Brute numéro un et deux se mirent à sa poursuite tandis que Brute numéro trois resta sur les lieux, bien décider de l’occasion afin de se rincer à l’œil.

— Reviens ! Voleur !

Voleur ? Pour un peu Alex se serait arrêté pour lui expliquer la différence entre sauver son bien et le voler, mais il n’était pas encore fou à ce point. Il tourna pourtant la tête et mal lui en prit puisqu’il percuta aussitôt quelqu’un.

Une touriste innocente passant par là. Sa glace triple boules en main s’écrasant sur le torse nu du jeune homme, le coffret volant quant à lui sur le trottoir. Manque de bol, n’étant pas de bonne qualité – le coffret et non le jeune homme –, il s’ouvrit fatalement et déversa une myriade de pièces et quelques pauvres billets. Lesquels disparurent, happés par quelques gamins jouant à proximité avant que Un et Deux ne le rattrapent.