Eden Snow
Alexandra Daddario

Tobias (le guide)
Aaron Tveit

Mini contexte

Eden se rend aux anciens ateliers familiaux afin de cerner s’il serait potentiellement possible de les remettre en état. Accompagné d’un jeune homme qui lui aura servi de guide dans ce quartier qu’elle connait, mal, les voila donc devant un immeuble abandonné depuis belle lurette.

Je fouille dans ma bourse, ayant tout de même prévu de parvenir à mes fins et en sort une large clé que j’insère dans la serrure. Je me dois de forcer un peu et finalement la rouille cède et le pêne glisse hors de la gâche dans un grand « clac » que l’on aura entendu à la ronde.

La porte grince tant qu’elle peut, comme si elle se réveillait, bâillant à sa façon tout en sortant d’un long et lourd sommeil. Et je m’avance dans ce qui fut autrefois, une petite cour animée du ballet de ses ouvriers. Une forge, pratiquement laissée en l’état, outillage en moins, mais la cendre durcie avec les années toujours en place dans le four, occupe une partie de cet extérieur.

Je soulève légèrement mes jupons, évitant qu’ils ne traînent dans les gravats et le verre brisé et pousse avec précautions ce qui reste de la porte de l’atelier.

Mais au moment de passer la porte, il me retient, me surprenant fatalement dans mon élan dédié à la découverte des lieux. Et c’est de manière prévenante qu’il propose de passer en premier. Il n’a pas tout à fait tort et je le remercie tout en le laissant donc cet honneur, si je puis dire.

Quelle sorte de mal pourrait-on trouver ici cela dit ? Mis à part de ces… oh misère, il doit y avoir des centaines ici ! Me dis-je en ne pouvant que remarquer les innombrables toiles d’araignées décorant les lieux de façon peu réjouissante. Et l’image de ces petites pattes courant partout le jour où il faudra les en débusquer me provoque un léger frisson. Non non, je ne crains pas les araignées, voyons quelle idée ! Juste que… autant qu’elles demeurent de leur côté et moi du mien, entendons-nous là-dessus.

Je le suis donc, comme il me fait signe, marchant dans ses mêmes pas. Convention fort pratique, car le plancher qui me semblait pourtant en meilleur état craque un peu plus que je n’aurais espéré. Manquerait plus que j’en vienne à me fouler la cheville si mon pied venait à passer outre, mais de ce fait, c’est mon guide qui prend ce risque à ma place. Bien que chaussé de façon moins légère que moi, ses chevilles risqueraient sans doute moins de mal.

À ceci près que ce n’est pas de nos pieds que provient ce petit grincement incongru, mais de l’étage. « Nous ne sommes pas seuls ici Miss Snow. » Me chuchote-t-il. Et je confirme de la tête, tel un réflexe. Mais qui d’autre ? La grille était pourtant fermée à clé et nulle autre issue, à ma connaissance, n’existe. À moins d’avoir pu l’escalader de manière un peu acrobatique vu sa hauteur. Il fallut tout de même être motivé pour songer faire et refaire ce trajet périlleux dans le but de séjourner régulièrement ici. Ou alors, serions nous immanquablement mal tombés ? Je repris donc sur le même ton.

– Il serait étonnant qu’il y ait quelqu’un ici ! Les lieux sont fermés à clé depuis bien longtemps et…

Alors que Monsieur Angelsen est tourné dans ma direction, je ne peux retenir un un léger sursaut accompagné d’un petit cri de surprise qui m’échappe subitement voyant ce qui se profile derrière lui, à hauteur de sa tête et se glissant doucement, mais pourtant sûrement, prêt à investir ses boucles blondes. Pendue au bout de son fil, courageusement tissé depuis le plafond, la plus large des créatures à huit pattes que je n’aie jamais vu !