Je dois dire que je suis fascinée par les belles typos sur les couvertures. Certains graphistes sont vraiment doués et parviennent à créer une ambiance, résumer tout un monde rien qu’avec le titre. Le choix de la police de caractère, la façon d’agencer les mots, l’ajout d’une frise, d’un dessin ou une légère modification des caractères. Franchement, c’est du grand art.

Et pour mon roman ?

Si vous hésitez, faites simple et lisible. Pas de couleurs criardes ou incompatibles. Certains genres autorisent des couleurs gaies, flashy, girly afin de bien représenter le contenu du livre. C’est justement là toute la subtilité, représenter l’esprit du livre.

Si vous songez à l’édition par voie classique (en maison d‘édition donc), le choix de la police leur reviendra très certainement (et cela vaut mieux, vous allez comprendre très vite pourquoi).

Si vous optez pour l’autoédition, vous pouvez faire votre propre choix.

Mais…

Choisir sa police

Hé oui, il faut choisir une police de caractère que l’on peut employer librement et dans un but commercial (puisque vous comptez vendre). Et c’est là que ça fait mal, car non, les polices disponibles dans Windows ne rentrent pas toutes dans ces cases. Ni même celles définies comme « gratuites » téléchargeables sur le net. Le seul moyen de savoir est de soit consulter le fichier fourni si vous téléchargez la fonte, soit de trouver l’e-mail du créateur et de lui demander directement.

Sans cela, vous pouvez les utiliser pour un emploi personnel (votre courrier ou une carte de vœux, par exemple), voire même sur Wattpad. Mais gagnez le moindre cent en employant cette police et hop, vous êtes dans l’illégalité.

Oui, moi aussi je suis tombée des nues en apprenant cela.

Je pensais sincèrement que les polices préinstallées étaient tout à fait libres d’utilisation, mais non.

Alors soit on emploie des polices dont les auteurs cèdent ces droits à usage commercial gratuitement (j’y reviendrai). Soit on se tourne vers des sites marchands spécialisés. Si vous voulez utiliser une fonte non libre pour votre livre, il vaut mieux s’acquitter des droits d’utilisation. Le souci, c’est que certaines polices sont… comment dire… relativement chères.

Pour exemple, la licence pour la police Garamond coûte 210 €. Autant dire que si on l’achète, on va l’amortir hein ^^

Techniquement

Le moment barbant, celui de la leçon de vocabulaire.

La typographie correspond au type d’écriture, forme et espacement des lettres.

L’espacement est également appelé la chasse.

Vous avez la chasse variable qui est proportionnelle et dépend de la taille de chaque lettre (par exemple, le i est plus étroit que le a). Et la chasse fixe qui utilise le même espacement pour chaque lettre et donne une impression d‘étirement qui peut s’avérer stylé.

La police de caractère est en fait une famille. Vous avez votre fonte déclinée en plusieurs types de graisse (épaisseur) ou de décoration telle que fine, gras, italique, etc. L’ensemble de tout cela est une police de caractère.

Une fonte, c’est juste une partie de la police, genre Helvetica gras.

Empattement. On parlera de fonte avec shérif ou sans shérif (avec ou sans empattement), l’empattement est la petite patte que possède certaines lettres. Il est conseillé d’utiliser une police sans shérif pour les titres de chapitres et les textes courts, les polices avec shérif pour les longs textes.

Les typographies

Ou comment choisir selon le thème de son livre.

Cela va faire très théorique, mais ce n’est pas inutile. Cela peut vous aider à porter votre choix sur une police, une fonte plutôt qu’une autre.

Humanes. Polices classiques. Créées au 15e siècle par les imprimeurs vénitiens, ce sont les plus anciennes. Utilisées pour des ouvrages d’époque, elles donnent aujourd’hui un aspect ancien empli de connaissance et de sagesse. Elles sont d’ailleurs dessinées selon la « divine proportion » (ou nombre d’or), les ouvrages de Leonard de Vinci l’employaient.

On les reconnait notamment par sa lettre e dont la barre transversale est penchée.

Elles évoquent l’ancien, l’histoire, l’élégance, les sciences humaines, les textes sérieux.

Exemples : Centaur, Golden type, Hadriano, ITC Berkeley.

Garaldes. Polices classiques. Garamond cela vous dit quelque chose ? Et bien voilà. Apparues au 16e siècle sous François 1er, elles donnent un côté chic et classe au texte. À l’époque elles étaient employées pour les traités et autres documents officiels ou ludiques.

Elles évoquent le romantisme, l’élégance et sont intemporelles.

Exemples : Bembo, Garamond, Plantin, Sabon, Cochin, Galliard.

Réales. Polices classiques. Fan d’histoire, nous revoici. C’est Louis XIV qui souhaitait une typographie plus moderne et plus lisible. Ainsi naquit Times New Roman. Très utilisées pour les textes longs (c’est d’ailleurs la police réclamée par défaut par toutes les maisons d’édition).

Elles sont classiques, austères et élégantes.

Exemples : Baskerville, Perpetus, Times new roman, Grandjean, Caslon.

Didones. Polices modernes. Inventées durant le Premier Empire et très utilisées à cette époque. Elles ont moins eu la côte ensuite, car elles symbolisaient le pouvoir de l’aristocratie. Aujourd’hui, c’est du passé, le côté luxe et qualité seront appréciés.

Elles sont strictes, logiques, intellectuelles et rigoureuses.

Exemples : Bodoni, Didot, Walbaum, Georgia.

Mecanes. Polices modernes. Elles datent de la révolution industrielle (le nom d’ailleurs aurait du vous mettre sur la voie) et possèdent un côté très mécanique, populaire et ouvrier. Elles rappellent également les anciennes machines à écrire.

Ont donnent un style mécanique, percutant, lisible.

Exemples : Clarendom, Rockwell, Serifa, Courier, Memphis, American Typewriter.

Lineales. Polices modernes. Il s’agit des typographies « sans shérif », c’est-à-dire sans empattement. Parmi les plus utilisées au monde, car elles sont très agréables à lire, épurées et sobres.

Elles sont équilibrées, lisibles, monotones.

Exemples : Futura, Gill sans, Kabel, Univers, Myriad, Helvetica.

Incises. Polices calligraphiques. Les incises évoquent l’ancien, les gravures sur pierre ou sur de la monnaie. Elles sont souvent dépourvues de minuscules et évoquent les jeux de guerre antique. Très bien pour certains romans se situant dans le passé ou souhaitant évoquer un côté martial. Par contre, ne pas les utiliser pour un texte long, elles fatiguent les yeux.

Elles sont typiques des années 50-60, élégantes, froides, administratives, institutionnelles. Elles sont souvent utilisées pour les logos de marques de cosmétiques.

Exemples : Albertus, Optima, Trajan, Gauthier, Copperplate Gothic, Goudy Sans.

Scriptes. Polices calligraphiques. Celles-ci donnent l’impression d’une écriture manuscrite. Souvent très belles, à utiliser avec modération, elles doivent absolument demeurer lisibles (même en petits caractères).

Très utilisées pour des documents personnels (cartes de vœux par exemple).

Exemples : Isadora, Brush script.

Calligraphiques. Polices calligraphiques. Ne pas confondre avec les scripts, car elles donnent également une impression d’écriture à la main, comme leur nom l’indique celles-ci sont plus du domaine de la calligraphie, typé et soigné. Donnent un côté vintage ou exotique selon. Même remarque qu’au-dessus, elles doivent être lisibles.

Elles apportent un style monumental, gothique, médiéval.

Exemples : Libra, Banco, Ondine, Post antiqua, Old English.

Fantaisistes. Le plus souvent décoratives, faites de petits symboles ou personnages ou des lettres aux formes amusantes. Elles peuvent convenir pour des thèmes plus légers, romantiques, ou autres.

De même, prenez garde à leur lisibilité.

Pour un livre, utilisez une police moderne pour les titres et une police classique pour le texte. Pour votre e-book, préférez une police classique pour les titres, et une moderne pour le texte. L’emploi de deux polices simplifie la lecture rapide.

Trouver sa typographie

Ah ! Enfin du concret ! Ou trouver une fonte sans craindre pour cette histoire de liberté d’utilisation à des fins commerciales !

Ici ! Sur https://www.fontsquirrel.com/

Et les autres sites ? Comme Dafont et compagnie ? Hé bien, il ne faut pas se fier aux fontes uniquement gratuites (comme moi avant), mais consulter le petit fichier accompagnant afin de s’assurer que tout va bien. Si rien n’est indiqué, cela ne signifie pas pour autant que vous pouvez l’employer à but commercial. Le mieux est de demander directement à l’auteur, mais là aussi, d’après certains témoignages, ils ne répondent pas forcément. D’où la nécessité de se référer à un site qui annonce clairement que TOUTES ses polices sont gratuites et à la fois pour usage personnel et commercial (je me répète).

Autre chose…

Comme de savoir quelle taille utiliser. Le titre doit être lisible, c’est tout ce qu’on lui demande. Ensuite, tout dépend de votre inspiration. Il peut faire presque toute la largeur de la couverture (je dis presque, car il ne faut pas le coller aux bords et laisser une marge.

Il ne doit pas non plus masquer un élément clé de l’image de fond [ou prêter à confusion].

Liens [peut-être] utiles :

Au cas où vous auriez installé une foule de fontes et ne vous y retrouvez plus, voici les polices initialement installées sur votre PC [Windows].

https://docs.microsoft.com/fr-fr/typography/font-list/index

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