La muse de Callidromos

La muse de Callidromos

Romance historique, fiction.

La muse de Callidromos Couverture
30.819 mots – 198 pages – 102 minutes de lecture

Entre combats à mort et amour naissant…

Gwydion, un jeune esclave celte ne possède qu’un seul but : parvenir à gagner sa liberté.

Durement entraîné afin de devenir gladiateur et désormais connu sous le nom de Callidromos au terme d’une victoire étonnante, son chemin croisera celui de Thétis.

Il se retrouvera alors lié à elle malgré lui, tombant dans un piège risquant de l’éloigner de son rêve. Considérant tout d’abord Thétis comme une faiblesse, Gwydion finira par comprendre qu’elle est au contraire, sa plus grande force.

La muse de Callidromos Couverture
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Extrait

Narration du Callidromos (Gwydion)

Je sentais mes forces m’abandonner au fur et à mesure que mon sang s’écoulait. Heureusement, il n’avait pas touché l’artère fémorale, mais il n’était pas passé loin. Par contre, pour ce qui était du coup à l’épaule, il avait fait preuve de bien plus de précision. Gageons qu’elle fut brisée vu la douleur qui me lançait jusqu’au cœur et à travers le corps. Me paralysant pratiquement de moitié.

Mais je n’avais pas à avoir honte. Je les avais vaincus. Tous ceux qui étaient à proximité. Un par un. Il ne restait que celui-là. Le plus coriace, le plus fourbe. Il avait attendu que les autres m’épuisent avant de porter un premier coup à ma cuisse. J’avais pu éviter qu’il ne sectionne pire que quelques vaisseaux. L’on ne me surnommait pas, moi aussi, Callidromos le plus rapide, le plus agile pour rien. Et même si sa tactique avait pour intention que je sois ralenti par la fatigue, il me restait bien plus que mes muscles pour m’en sortir : la rage d’être vivant et de parvenir à enfin obtenir la liberté que je convoitais.

Depuis l’enfance, je m’entraînais pour cela, depuis que je fus en âge de combattre, je ne m’y pliais que dans ce but. Pour survivre, j’avais dû me forcer à tuer. Tuer pour ne plus être le petit esclave celte, arraché à sa terre que j’étais.

Je ne comprenais toujours pas pourquoi il ne m’attaquait pas une dernière fois. Pourquoi ne se décidait-il pas à porter le coup final. Au lieu de cela, il se déplaçait autour de moi, aux aguets lui aussi. Prêt à bondir, mais s’y refusait. Au centre de ce cercle imaginaire qu’il traçait, je ne pouvais que l’observer. Tournant sur moi-même afin de suivre chacun de ses pas, anticiper chacun de ses mouvements. Puis me vint l’évidence, claire et limpide alors que le sable sous moi n’était plus qu’une sorte de bouillie de poussière et de sang dans laquelle mes pieds s’enlisaient. Il attendait que je me vide pour m’achever. Que je sois suffisamment faible pour n’avoir qu’à porter le coup fatal. Serait-ce un jeu ? Ou serait-ce qu’au final, il ne soit pas capable de plus.

Voilà des heures que nous combattions ici, il devait être tout autant épuisé que moi. Et les longues minutes de cette agonie dont il se servait commençaient doucement à faire monter quelques rumeurs parmi le public. S’il était bien une chose que l’on ne devait pas… que l’on ne devait jamais faire, c’était bien de le contrarier. Nous n’étions pas que gladiateurs, nous étions acteurs. Mettant en scène notre propre mort ou celle de nos adversaires. Mais ce qu’ils voulaient, eux tous qui nous regardaient en ce moment, c’était du spectacle.

Je jetai un œil du côté de Celsus, mon maître, mon « laniste ». Il était pâle comme un linge lui aussi. Normal, il va perdre gros si je tombe. Car de tous, il ne restait que moi. Chance. Récompense de mes efforts. Protection divine. Je ne saurai jamais, mais quitte à en terminer ici et maintenant, je donnerai le dernier coup.

Piteusement, je me redressai et levai ma masse d’armes au-dessus de ma tête. Jetant mon bouclier afin de déstabiliser mon adversaire qui songera sans doute qu’il sera plus simple de me tuer. Et fixant la foule, mon corps hurlant sa douleur, je hurlais avec lui mon nom, l’incitant à me suivre dans ce cri de victoire.

« Callidromos ! »

Il n’en fallut pas plus pour la réveiller et la déchaîner ! Tenue trop longtemps en alerte, le moindre mouvement aurait suscité la même liesse. Mais je croyais avoir manœuvré comme je le devais. Et alors que, déstabilisé par les acclamations de plus en plus puissantes, scandant ce nom que je leur offrais en pâture, mon adversaire me quitta des yeux une fraction de seconde, je m’élançai vers lui et frappai.