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Romance érotique contemporaine tout en douceur.

Elle est sa muse.
Il est son inspiration.

Une histoire d’amour et de douce passion entre un jeune peintre échappé d’un milieu familial étouffant et d’une jeune femme lui ayant permis de retrouver l’inspiration.

En difficulté financière, elle deviendra son modèle. Inversant ensuite les rôles, faisant de lui sa muse afin de parfaire son œuvre.

Cette histoire, pleine de douceur. Alors si vous recherchez une romance pleine de tendresse, ce livre est pour vous. Addictif.
ALEXANDRA
Commentaire Amazon

EXTRAIT
Chapitre 2

Narration d'Alexandre.

Inspiration musicale

Je me souvenais du jour où j’étais entré dans ce restaurant pour la première fois. Je passais tout à côté très souvent sans jamais m’y attarder. Et puis il y avait eu cet après-midi, juste après le réveillon solennel en famille qui avait eu le don de me déprimer un peu plus. Il neigeait, une véritable petite tempête faite de flocons épais et d’un vent glacial perçant jusqu’à l’os. Si de derrière les vitrines d’un salon bien chauffé, un tel spectacle pouvait être admirable, lorsque l’on s’y retrouvait plongé, cela devenait beaucoup moins agréable. Excédé, je m’étais réfugié au sein du premier commerce ouvert. C’était une sorte de petite taverne mexicaine, à la décoration typique. Je ne l’avais jamais remarqué avant. Pourtant j’habitais à deux pâtés de maisons.

Je secouai ma tignasse brune ainsi que ma veste par-dessus un vaste tapis en poils durs. Un feu de bois brûlait dans la cheminée, réchauffant à la fois la salle et me donnant un peu de baume au cœur. Certaines choses simples possédaient ce don inné et les flammes dansantes devaient être de celles capables de réveiller mon propre feu intérieur. Ce fut peut-être ce qui me poussa à rester plutôt que de demander à patienter quelques minutes dans l’entrée. Je m’étais installé à une table, j’avais l’embarras du choix, les lieux étant pratiquement déserts. Et là, une jeune femme vint à passer un coup de chiffon sur la surface et me proposer le plat du jour ou le menu. Elle m’avait souri comme elle devait sans doute le faire auprès de tous ses clients tandis que pour moi, que le temps s’était arrêté.

— Un plat du jour, merci, avais-je répondu sans réfléchir ni même me demander si j’avais réellement faim.

Je l’avais regardé repartir vers les cuisines, la scrutant interloqué de haut en bas. Son déhanché discret, ses adorables couettes. Je venais de la croiser, enfin. Celle qui deviendrait malgré elle mon inspiratrice, ma muse. Celle qui, d’un sourire, d’un regard à peine appuyé m’avait rendu ce qui me manquait, ravivé cette passion éteinte. Pauvre de moi, à peine vingt-trois ans et j’en étais déjà là. Mais désormais, j’allais passer des jours et des nuits à explorer en silence tout ce qu’elle avait à offrir.

Pas de manière obscène, pas du tout. Je suis peintre, je dessine également, je croque, j’esquisse. Et à force de me sentir aussi peu soutenu des miens, régulièrement heurté et remis en cause, j’en avais perdu ce qui animait mon désir de créer. Dramatique lorsque l’on est artiste et que l’on se retrouve seul, devant une toile blanche des heures durant. J’avais pourtant tenté tout ce que j’avais pu. Engager des modèles, fais le tour des académies, des galeries, des parcs et des rues. Et même quelques endroits glauques. Rien n’y fit.

Pourquoi ce mal être ? Ce manque, cette déprime ? C’était simple. À cause de mon nom. Oh j’aurais préféré vous apprendre que je possédais un patronyme difficile à porter, sonnant tels une insulte ou tout autre mot prêtant à confusion, mais non, au contraire. Mon nom est Alexandre de Ménélis, fils et petit-fils de deux authentiques barons français. Sans compter tous les aïeuls avant eux. Et pourtant décidé à vivre une vie de bohème. Quoi que pas tout à fait, seul mon art comptait et non l’envie de faire vœu de pauvreté. J’avais hérité de mon grand-père, une somme rondelette. Disons amplement suffisante pour faire de moi un rentier et vivre aisément. Ne pouvant y toucher avant l’âge de vingt-et-un ans selon ses dernières volontés, c’est également à ce moment que je choisis de m’envoler du nid pour le cœur de Paris. J’avais déniché un loft, l’avais transformé en atelier et enfin, pour moi, la vraie vie avait pu commencer.

Sauf que cela ne s’était pas tout à fait passé comme cela. Les pressions familiales, ma mère plus précisément, pour qui j’étais devenu tel le vilain petit canard. L’agneau noir à remettre dans le droit chemin. Et comme je n’avais ni frère ni sœur sur qui se reporter, je supportais ses griefs incessants. Jusqu’à n’en plus pouvoir et me couper l’envie, le besoin.

Et ce jour-là, cette jeune fille, Manon était son nom, raviva cette flamme, m’apportant une blanquette de veau parsemée de persil et servie avec du riz blanc. Je ne pus m’empêcher de sourire face à cette assiette qui représentait tellement la gastronomie française, mais si peu l’ambiance mexicaine des lieux. Mais surtout face à tout ce que j’avais retrouvé subitement. Elle m’avait souhaité un bon appétit et ne s’attarda pas, insouciante de ce qu’elle m’avait rendu.

Depuis, j’étais présent chaque jour, sur le coup de quatorze heures, rien que pour la voir et m’en inspirer.

J’arrivai donc et suivis mon petit rituel. Même table, même commande. Bien qu’avec le temps, près de six mois à me présenter ici, elle aurait pu ne rien me demander tant j’étais constant. Mais elle le faisait pourtant.

— Bonjour ! Qu’est-ce que je vous sers ? questionna-t-elle joyeusement. Plat du jour ou désirez-vous le menu ?

Ce que j’aurais voulu la croquer, elle. Tant par une esquisse que du bout des lèvres. Mais voyez-vous, il en était ainsi, j’hésitais à rompre le charme, à briser cette aura de mystère qui me tenait en haleine. Et comme chaque jour, je lui répondis simplement.

— Le plat du jour, merci.