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Première entrée au journal

Aujourd’hui, je voudrais relater une anecdote dans mon journal. Un fait qui s’est réellement arrivé et la leçon que j’en ai tirée. Je voulais vous en faire profiter.

D’abord, posons le décor. Je vis en ville. Au départ par obligation, car j’ai quitté mes parents alors que j’étais étudiante, je ne pouvais m’éloigner. Sans véhicule ni téléphone privé à l’époque (merci à la cabine téléphonique au bas de la rue), rester non loin de toutes les administrations, bureaux et écoles (4 à 5 km a pied tout de même) était le mieux que je pouvais faire.

Avec les années, j’ai souffert d’agoraphobie couplée à une phobie sociale, autant dire que je ne sortais pas ou uniquement dans les cas d’urgence.

Ne pas sortir ne me causait pas réellement de problème, mais l’on vit dans un monde où les gens cherchent toujours à vous changer. Surtout s’ils ont l’impression que vous menez la belle vie et pas eux. Rien que le fait de ne pas pouvoir travailler normalement m’a valu des étiquettes abominables (sans jamais de réflexion sur mon état de santé). Des étiquettes telles que fainéante, assistée, etc. Je m’occupais à domicile, à l’époque je développais des sites web, mais cela n’avait aucune valeur à leurs yeux.

Soit.

Avec le temps, je me suis mariée (j’ai rencontré mon époux avant de m’isoler tout à fait), nous avons à un moment déménagé dans un rez-de-chaussée qui semblait prometteur et où le propriétaire nous avait (un peu trop bien) assuré qu’il serait sain (donc non humide, mon époux étant asthmatique, cela me semblait important). Je vous le donne en mille, après six mois, l’humidité a percé son cache-misère. Malgré nos efforts, le logement était humide, j’y ai perdu bon nombre de vêtements, meubles, etc. piqués de moisissures avec le temps.

Je me doute que la première chose à laquelle vous allez penser est « il fallait aérer ». Comment lorsqu’il n’y a que deux fenêtres à l’avant impossible à ouvrir et aucune à l’arrière. Nous ouvrions la porte, celle donnant sur la rue au maximum (je vous laisse deviner la joie d’avoir une porte ouverte à tout un chacun en passant). Le mieux aurait été de changer les châssis et même d’installer un système de ventilation, chose que le propriétaire jouait à un coup oui, un coup non pour au final se rétracter. En passant, il a ouvert deux commerces et partait en vacances tous les ans, mais nous disait qu’il n’avait pas les moyens… Durant 5 ans ce ne fut que des promesses et tout empirait.

Bref, nous voulions partir, mais… un déménagement, des visites, voir des gens ! … dans mon état… outch !

L’immeuble en face comptait 4 logements sur deux étages plus un second au rez-de-chaussée donnant sur une cour (là où vivait le propriétaire). Le propriétaire se liant d’une certaine amitié avec mon époux et conscient de l’état de notre logement (qui empirait) nous promit alors que son rez-de-chaussée sur le point de se libérer serait pour nous. Il nous l’a même fait visiter en l’absence de son locataire (vous le sentez le côté illégal là ? Nous pensions que le locataire était au courant, attendez la suite).

Et le temps passe.

Un beau jour, mon époux discute avec ce locataire prêt à partir (soi-disant) et apprend qu’il n’en est rien. Mais pas du tout. Il ne savait même pas que nous avions visité. Nous tombons des nues.
Discussion avec le propriétaire qui nous explique qu’il croyait que… qu’il avait mal compris… il nous propose celui du premier. Une vieille dame y vit, elle n’e paie pas son loyer, il allait la virer.

Le temps passe.

La dame vit toujours là (tant mieux pour elle soit dit en passant) puis un jour… c’est une autre que nous voyons à sa fenêtre. Cela s’est fait si vite. D’après le proprio, elle l’a mise à sa place. Ce que je n’ai jamais compris c’est comment un locataire peut choisir le prochain locataire sans droits, sans bail, sans informer le bailleur. Et que le bailleur laisse les choses se faire. Deuxième foutage de gueule ?

Vient une troisième promesse : l’appartement du deuxième étage. Que nous visitions. Il vient de se libérer ! Ah il y a de l’espoir. Je tique, il y a des traces d’humidité et l’on me dit de nouveau que ce n’est rien. C’est certes moins grave que notre logement d’alors, mais tout de même. Nous discutons, nous devons signer lundi (nous sommes vendredi), on nous demande même si on veut que ce soit repeint ce week-end à notre goût. Tout semble enfin se débloquer.

Le samedi après-midi, l’on voit un type fumer à la fenêtre. Nous pensons que c’est le peintre.
Non, c’est le nouveau locataire…

Je ne vous dis pas comme j’étais en colère. Là c’était la goutte. Sachant notre situation c’est le propriétaire qui nous avait fait fausse promesse sur fausse promesse. Il n’était pas obligé. Surtout qu’en attendant tout ce temps, nous ne cherchions nulle part ailleurs puisque c’était plus simple pour nous (moi surtout) de déménager juste en face.

À court de logements (bien qu’il ait signalé l’éventualité de nous céder le sien qui en passant empestait le pipi et était trop petit), nous nous sommes tournés vers d’autres solutions et nous avons trouvé plus vite que nous le pensions (mais ça, c’est une autre histoire).

L’appartement que nous avons occupé ensuite était spacieux, situé dans un parc (le chant des oiseaux le matin, le calme, la verdure) et pas trop éloigné des commerces. Nous devions rejoindre la ville et ses administrations en bus, mais c’était faisable.
Cela m’a également permis, peu à peu, de sortir plus souvent même s’il me faut encore du temps aujourd’hui.

La leçon que je tire à cette histoire c’est que parfois l’on convoite, l’on souhaite de tout son cœur quelque chose pensant que cela fera notre bonheur. Au contraire, on s’enlise, car cela ne vient pas. Et on se rend très malheureux (ou en colère comme ici, ce qui n’est pas mieux). Mais si cela ne vient pas, c’est qu’autre chose nous attend ensuite. Et certainement quelque chose de bien mieux encore.
La vie est faite de leçons et d’expériences pas toujours drôles, mais qui nous mènent là où nous devons aller.

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